Les États-Unis et l’Arabie saoudite s’apprêtent à annoncer un accord majeur qui permettra au royaume de développer, pour la première fois, un programme d’énergie nucléaire civile avec le soutien d’entreprises américaines.
Selon plusieurs médias américains, les deux pays ont conclu un accord commercial prévoyant que des sociétés américaines construiront et exploiteront des centrales nucléaires sur le sol saoudien. Une annonce officielle est attendue dans les prochaines heures, tandis que le Congrès américain devra encore être consulté avant l’entrée en vigueur du projet.
L’un des aspects les plus sensibles de cet accord concerne la possibilité accordée à l’Arabie saoudite d’enrichir elle-même l’uranium destiné à alimenter ses réacteurs nucléaires. Cette option marquerait une différence notable avec l’accord signé en 2009 entre Washington et les Émirats arabes unis, qui interdit à Abou Dhabi de produire son propre combustible nucléaire.
Les discussions autour d’un partenariat nucléaire entre les deux pays remontent à 2008. À l’époque, les États-Unis et l’Arabie saoudite avaient signé un mémorandum d’entente portant sur le développement de l’énergie nucléaire civile, sans qu’un accord concret ne soit conclu. Malgré plusieurs avancées, les négociations étaient restées bloquées pendant des années en raison de divergences concernant les conditions imposées par Washington, notamment sur l’enrichissement de l’uranium.
Le rapprochement entre les deux alliés s’est toutefois accéléré depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Après une visite officielle à Riyad en mai 2025, marquée par des promesses d’investissements saoudiens estimées à 600 milliards de dollars, les relations entre Washington et le prince héritier Mohammed ben Salmane se sont considérablement renforcées.
Ce réchauffement contraste avec la période de l’administration de Joe Biden, qui avait initialement promis de faire de l’Arabie saoudite un « État paria » après l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. Les tensions s’étaient néanmoins atténuées lorsque la flambée des prix du pétrole, provoquée par la guerre en Ukraine, avait conduit Washington à renouer le dialogue avec Riyad.
L’accord nucléaire intervient également dans un contexte régional tendu. Ces derniers mois, l’Arabie saoudite a été confrontée à des attaques attribuées à l’Iran et à des perturbations de ses exportations énergétiques à la suite des frappes américaines contre des installations iraniennes, renforçant l’importance stratégique du partenariat entre les deux pays.
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