Stabilité financière : le Maroc renforce son dispositif prudentiel face aux nouveaux risques

MOHAMED YAZID BENNOUNA28 juillet 2026Dernière mise à jour :
Stabilité financière : le Maroc renforce son dispositif prudentiel face aux nouveaux risques

Rabat – Le Maroc a poursuivi en 2025 le renforcement de son système financier, dans un contexte marqué par une amélioration de la croissance économique et des conditions macro-financières globalement favorables. C’est ce qui ressort du Rapport sur la stabilité financière au titre de l’exercice 2025, présenté lundi à Rabat par Bank Al-Maghrib (BAM), l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale (ACAPS) et l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux (AMMC).

Approuvée par le Comité de Coordination et de Surveillance des Risques Systémiques (CCSRS), cette 13e édition dresse un état des lieux de la situation financière des ménages et des entreprises, tout en analysant la solidité du secteur bancaire, des assurances, des régimes de retraite et des marchés de capitaux.

Une nouvelle feuille de route pour 2026-2030

L’année 2025 constitue une étape importante pour le dispositif marocain de stabilité financière avec l’achèvement de la feuille de route couvrant la période 2022-2025 et l’adoption d’une nouvelle stratégie pour 2026-2030.

Cette dernière s’articule autour de cinq priorités : le renforcement du cadre légal et institutionnel, l’approfondissement de l’analyse des risques, le développement des instruments macroprudentiels, la consolidation des mécanismes de résolution et de gestion des crises ainsi que l’amélioration de la communication sur les enjeux de stabilité financière.

Du côté de Bank Al-Maghrib, les efforts ont notamment porté sur l’identification des risques systémiques et l’analyse des vulnérabilités susceptibles de se transmettre au système bancaire. Une attention particulière a également été accordée aux interactions entre les politiques budgétaire et macroprudentielle.

Le cadre bancaire poursuit sa modernisation

Plusieurs réformes structurantes ont également franchi de nouvelles étapes. La circulaire conjointe consacrée aux conglomérats financiers a notamment été homologuée et publiée au Bulletin officiel, permettant de renforcer la supervision consolidée des groupes actifs dans les secteurs bancaire, assurantiel et financier.

Autre avancée majeure : le projet de réforme du régime de résolution bancaire a été adopté par les deux Chambres du Parlement le 30 juin 2026 et doit prochainement être publié au Bulletin officiel.

Le Maroc avance également sur la réglementation des crypto-actifs, avec un avant-projet de loi élaboré conjointement par le ministère de l’Économie et des Finances, Bank Al-Maghrib et l’AMMC, désormais engagé dans le processus d’adoption.

Les travaux liés à l’opérationnalisation du marché à terme et de la Chambre de Compensation avec Contrepartie Centrale ont, eux aussi, enregistré des progrès sur les plans juridique, réglementaire et opérationnel.

Les assurances misent sur la solvabilité et la digitalisation

Dans le secteur des assurances, l’ACAPS poursuit la modernisation du cadre prudentiel avec la finalisation du projet d’amendement de la circulaire générale visant à instaurer un régime de Solvabilité Basée sur les Risques (SBR).

La publication de cet amendement au Bulletin officiel est prévue au début du second semestre 2026, pour une entrée en vigueur applicable aux comptes des entreprises d’assurances et de réassurance arrêtés à la fin de l’année.

L’ACAPS a également finalisé une étude consacrée aux leviers de développement du secteur. Celle-ci vise notamment à élargir la couverture assurantielle et à renforcer la contribution de l’assurance à la résilience financière des ménages et des entreprises.

Parmi les pistes identifiées figurent l’innovation dans les produits, la digitalisation et l’amélioration de la qualité des services proposés aux assurés.

Le marché des capitaux se diversifie

Le marché des capitaux a également connu plusieurs évolutions importantes en 2025. L’adoption de la loi n°03-25 modernisant le cadre des Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières (OPCVM) vise notamment à renforcer l’attractivité du marché, améliorer la protection des investisseurs et élargir les possibilités d’investissement.

Le déploiement du marché à terme d’instruments financiers constitue également une avancée majeure. Les textes nécessaires à son opérationnalisation ont été publiés, tandis que l’AMMC a visé le document d’information relatif au premier « Contrat à Terme Ferme sur l’Indice MASI 20 ».

Trois sociétés de bourse ont par ailleurs été agréées en qualité de membres négociateurs, marquant une nouvelle étape dans le développement de ce compartiment et des instruments destinés à la couverture et à la gestion des risques.

L’AMMC a également lancé une consultation autour de l’élaboration d’un guide consacré à la gestion sous mandat, avec l’objectif de renforcer les bonnes pratiques au sein de l’écosystème financier.

Un système financier jugé résilient

À travers ses quatre chapitres, le rapport analyse l’environnement économique international et national, la situation financière des agents non financiers, la solidité des institutions financières ainsi que les évolutions des marchés de capitaux et de leurs infrastructures.

Les conclusions mettent en avant une résilience du système financier marocain dans un contexte de raffermissement de la croissance nationale.

Avec la nouvelle feuille de route 2026-2030 et les réformes engagées dans les secteurs bancaire, assurantiel et financier, les autorités marocaines entendent ainsi consolider les mécanismes de prévention des risques et renforcer la capacité du système financier à absorber les éventuels chocs futurs.

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