Casablanca lance un mégaprojet de valorisation énergétique des déchets pour accélérer sa transition écologique

El azhar Bennouna Sanaa6 août 2026Dernière mise à jour :
Casablanca lance un mégaprojet de valorisation énergétique des déchets pour accélérer sa transition écologique

La métropole de Casablanca franchit une étape majeure dans la modernisation de sa gestion des déchets ménagers avec le lancement opérationnel d’un vaste projet de valorisation énergétique. Le consortium composé de Kanadevia Inova, Nareva et Itochu a officialisé la signature du contrat de concession avec la Commune de Casablanca, ainsi que des accords de rachat de l’électricité produite avec la Société Régionale Multiservices Casablanca-Settat (SRM) et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE).

Cette étape ouvre la voie aux premières opérations préparatoires et marque le démarrage concret de ce qui constituera la première infrastructure intégrée de valorisation énergétique des déchets au Maroc.

Le projet, qui s’inscrit dans une stratégie de transition écologique et énergétique, prévoit le traitement des déchets ménagers du Grand Casablanca, une région qui compte plus de 4,2 millions d’habitants. Avec une durée de concession fixée à 33,5 ans, l’installation aura une capacité de traitement estimée à 1,5 million de tonnes de déchets par an, avec un objectif de valorisation proche de 80 %, permettant de réduire considérablement la dépendance à l’enfouissement.

Au-delà du traitement des déchets, l’infrastructure ambitionne de devenir un véritable pôle de production énergétique. Elle disposera d’une capacité électrique installée d’environ 126 MW, complétée par une centrale solaire photovoltaïque de 50 MWc ainsi qu’un système de récupération du biogaz issu de la décharge d’une puissance de 4 MW. La production annuelle attendue avoisinera un térawattheure (TWh), une quantité d’énergie susceptible d’alimenter près d’un million de personnes.

Implantée à proximité de la décharge de Médiouna, l’un des sites les plus importants en matière d’émissions de méthane en Afrique, cette infrastructure vise également à réduire l’impact environnemental lié à l’enfouissement des déchets. La valorisation énergétique permettra notamment de limiter les émissions de gaz à effet de serre, tout en contribuant à la préservation du foncier et à l’amélioration des conditions sanitaires.

Le projet devrait également générer des retombées économiques importantes. La phase de construction, prévue sur environ trois ans et demi, mobilisera près de 1 240 travailleurs, auxquels s’ajouteront environ 300 emplois liés aux infrastructures complémentaires. Une fois l’exploitation lancée, l’installation devrait créer près de 140 emplois qualifiés.

Sur le plan technologique, l’usine sera dotée de trois lignes de combustion de grande capacité, équipées de systèmes modernes de contrôle des émissions et de traitement des fumées répondant aux normes européennes les plus exigeantes. Les concepteurs prévoient également la possibilité d’intégrer ultérieurement des technologies de captage du carbone afin d’améliorer davantage la performance environnementale du site.

Dans ce partenariat stratégique, Nareva assure le rôle d’investisseur principal et de partenaire marocain, tandis qu’Itochu apporte son expertise industrielle internationale. De son côté, Kanadevia Inova prendra en charge l’ingénierie, l’approvisionnement, la construction, l’accompagnement à l’exploitation, la maintenance à long terme ainsi qu’une partie du financement du projet.

À travers cette initiative, Casablanca ambitionne de franchir un nouveau cap dans la gestion durable des déchets et de renforcer son positionnement comme l’une des grandes métropoles africaines engagées dans la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique.

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