Crise à la FIFA : l’UEFA maintient la pression sur Gianni Infantino malgré le retrait du projet controversé

MOHAMED YAZID BENNOUNA6 août 2026Dernière mise à jour :
Crise à la FIFA : l’UEFA maintient la pression sur Gianni Infantino malgré le retrait du projet controversé

La crise entre la FIFA et l’UEFA est loin d’être terminée. Malgré l’abandon du projet de création de FIFA Forward Enterprise (FFE), destiné à ouvrir les compétitions majeures à des investisseurs privés, l’instance européenne a réaffirmé qu’elle maintenait sa défiance envers le président de la FIFA, Gianni Infantino, n’excluant toujours pas un boycott de certaines compétitions internationales.

Dans un communiqué, l’UEFA a estimé que le retrait du projet ne suffisait pas à rétablir la confiance. L’organisation considère que deux conditions étaient indispensables : l’abandon définitif du projet de privatisation des compétitions de la FIFA et l’assurance qu’une telle initiative ne serait plus jamais proposée. Selon elle, ces exigences n’ont pas été pleinement satisfaites.

Cette position intervient alors que la Fédération anglaise de football (FA) a officiellement retiré son soutien à Gianni Infantino à travers une lettre adressée à la FIFA.

Une réunion de crise à Rabat

Mercredi, à Rabat, Gianni Infantino a réuni plusieurs membres de la direction de la FIFA afin de revenir sur la polémique. À l’issue de cette rencontre, la FIFA a reconnu que des « erreurs » avaient été commises dans la gestion du dossier FFE et a présenté des excuses aux associations membres.

L’instance a précisé qu’il n’avait jamais été question d’exclure le Conseil de la FIFA ou les fédérations nationales du processus décisionnel, tout en confirmant que le projet avait définitivement été abandonné.

Pour l’UEFA, cette réunion ne change toutefois rien à la situation. L’organisation souligne qu’il s’agissait essentiellement d’une réunion entre dirigeants salariés de la FIFA, sans véritable mécanisme de reddition de comptes, et réaffirme avoir perdu confiance dans la présidence de Gianni Infantino.

Le boycott reste une option

Face aux difficultés rencontrées pour obtenir une majorité capable de remettre en cause la présidence de Gianni Infantino au sein de la FIFA, l’UEFA continue de considérer le boycott comme l’un de ses principaux moyens de pression.

Une telle mesure pourrait concerner plusieurs compétitions organisées par la FIFA, notamment la Coupe du monde féminine U20, prévue en septembre en Pologne, à laquelle plusieurs sélections européennes, dont l’Angleterre, doivent participer.

Toutefois, cette option demeure délicate à mettre en œuvre en raison de son impact sur les compétitions internationales et des conséquences qu’elle pourrait avoir sur les relations entre les différentes confédérations.

Infantino conserve des soutiens

Malgré les critiques venues d’Europe, Gianni Infantino continue de bénéficier d’un soutien important au sein de plusieurs fédérations nationales.

Le président de la Fédération gambienne de football, Lamin Kaba Bajo, a salué son « courage » après le retrait du projet FFE, tandis que la CONCACAF s’est montrée plus mesurée que l’UEFA, sans remettre en cause sa présidence.

De son côté, la CONMEBOL a rappelé que toute contestation devait respecter les procédures prévues par les statuts de la FIFA.

Alors que l’élection présidentielle de la FIFA est prévue en mars 2027, les opposants à Gianni Infantino cherchent désormais à construire une alternative crédible. Parmi les noms évoqués figure notamment celui du président de la CONCACAF, Victor Montagliani.

En attendant, la confrontation entre la FIFA et l’UEFA continue d’alimenter les tensions au sein de la gouvernance du football mondial.

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