À Al-Qods, l’école d’été organisée au siège de la Fondation Al-Aliya pour les sciences, l’environnement et les arts, à Beit Hanina, propose bien plus qu’un simple apprentissage des métiers artisanaux. Pendant quatre semaines, elle offre aux jeunes un espace d’innovation et de créativité où le savoir-faire traditionnel se conjugue avec le design thinking et les technologies de l’intelligence artificielle.
Mis en place dans le cadre du programme des écoles d’été 2026 de l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif, relevant du Comité Al-Qods présidé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ce projet bénéficie à 45 adolescents âgés de 12 à 17 ans.
Le programme combine des ateliers pratiques d’artisanat et des sessions de conception assistée par l’intelligence artificielle. Les participants découvrent différentes essences de bois, les textiles, les techniques de fabrication, ainsi que les principes de durabilité et de recyclage. Ils utilisent ensuite des outils d’IA pour imaginer leurs propres créations, élaborer des modèles et sélectionner les couleurs les mieux adaptées à leurs projets.
Pour Samar Qirsh, directrice de la Fondation Al-Aliya, cette école d’été a été conçue pour permettre aux jeunes de révéler leurs talents et leurs centres d’intérêt à travers une approche concrète. L’objectif, explique-t-elle, dépasse la simple transmission de métiers artisanaux : il s’agit d’accompagner les participants dans la construction d’un parcours créatif susceptible de contribuer à leur avenir.
La responsable souligne également que la Fondation ambitionne de prolonger cette initiative par des programmes dédiés à l’entrepreneuriat, afin d’aider les jeunes à transformer leurs compétences artisanales en activités génératrices de revenus. Elle a salué, à cet égard, le soutien constant de l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif.
Cette école constitue le prolongement du programme d’artisanat lancé durant le mois de Ramadan dernier sous l’encadrement d’artisans marocains. Les formations portent notamment sur la bijouterie, le tissage, la sculpture et la gravure sur bois. Une exposition des réalisations des participants est également prévue afin de favoriser la transmission du savoir-faire entre les anciennes et les nouvelles promotions.
Ancienne bénéficiaire du programme, devenue aujourd’hui formatrice, Sadin Abu Lail encadre à son tour un groupe de jeunes. Elle estime que cette évolution illustre la continuité du projet. Selon elle, les participants ont rapidement manifesté un vif intérêt pour les activités proposées, notamment la fabrication de bracelets en cuivre et le travail du bois, malgré leur familiarité avec les technologies numériques.
Les jeunes participants ont eux aussi partagé leur enthousiasme. Jad Amira a réalisé un porte-clés inspiré des motifs marocains, qu’il a gravé, poli puis peint afin d’en faire un souvenir personnel. « Au début, je ne savais pas ce que j’allais fabriquer, mais une fois le travail terminé, j’ai vraiment apprécié cet artisanat », a-t-il confié.
De son côté, Suzan Dajani a appris à confectionner des bracelets en cuivre grâce à différentes techniques de martelage, de façonnage et d’ornementation avec des perles. Elle envisage désormais de transformer cette expérience en un petit projet entrepreneurial avec ses amies.
Asia Mahani, quant à elle, s’est particulièrement investie dans la réalisation d’une horloge en bois. Elle explique avoir découvert comment de simples pièces de bois pouvaient devenir une véritable œuvre d’art, soulignant que le travail manuel confère à chaque création un caractère unique et impossible à reproduire.
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