Le projet controversé de construction d’une vaste salle de bal à la Maison-Blanche vient de subir un nouveau revers judiciaire. Une cour d’appel fédérale américaine a confirmé vendredi l’interdiction des travaux de construction en surface, estimant que l’administration de Donald Trump ne pouvait engager une transformation aussi importante de la résidence présidentielle sans l’autorisation du Congrès.
La décision, rendue à deux voix contre une par un panel de trois juges, maintient ainsi une injonction préliminaire obtenue par le National Trust for Historic Preservation, qui s’oppose au projet depuis la démolition de l’aile Est de la Maison-Blanche en 2025.
Pour les juges majoritaires, la question dépasse le simple débat architectural. Ils estiment que le président ne dispose pas d’une compétence illimitée pour modifier profondément un bâtiment appartenant au patrimoine national. La Maison-Blanche, rappellent-ils, n’est pas la propriété personnelle du président en exercice, mais un édifice destiné à servir les présidents successifs et le peuple américain.
Un projet de 400 millions de dollars
Le projet de Trump, évalué à environ 400 millions de dollars, prévoit la création d’une immense salle destinée notamment aux réceptions officielles, aux visites d’État et aux grands événements présidentiels. Un important complexe de sécurité souterrain doit également être construit sous l’extension.
Le président américain affirme que cette infrastructure est nécessaire pour répondre aux exigences de sécurité du complexe présidentiel. Son administration évoque notamment la protection contre les drones, les missiles balistiques, les menaces biologiques et d’autres risques susceptibles de viser la Maison-Blanche.
Trump soutient également que le projet est réalisé grâce à des financements privés et qu’il avance plus rapidement que prévu tout en restant sous le budget annoncé.
Trump promet de saisir la Cour suprême
La décision de la cour d’appel n’est toutefois pas définitive. Son entrée en vigueur a été suspendue pendant 14 jours afin de permettre à l’administration de saisir la Cour suprême des États-Unis.
Donald Trump a immédiatement dénoncé une décision qu’il juge « politiquement motivée » et injuste. Il a également repris l’argument selon lequel le projet serait essentiel à la sécurité nationale et a appelé les juges de la plus haute juridiction américaine à l’annuler.
Cette prochaine étape pourrait transformer le dossier en un important affrontement institutionnel autour des limites du pouvoir présidentiel et de l’utilisation des propriétés fédérales.
Une bataille engagée depuis la démolition de l’aile Est
Le conflit remonte à octobre 2025, lorsque l’administration Trump a fait démolir l’aile Est de la Maison-Blanche pour permettre le lancement du chantier. Cette décision avait suscité de nombreuses critiques, notamment parce que le président avait initialement présenté le projet comme une construction située à proximité de l’aile Est plutôt que comme son remplacement.
Le National Trust for Historic Preservation a alors engagé une action en justice, estimant que l’administration ne pouvait modifier aussi profondément le complexe présidentiel sans intervention du Congrès.
Un tribunal fédéral avait déjà interdit à deux reprises les travaux en surface, tout en autorisant la poursuite de certaines opérations souterraines. La nouvelle décision de la cour d’appel confirme cette restriction.
Le Congrès au cœur du débat
Les juges ont pris soin de préciser qu’ils ne se prononçaient pas sur l’opportunité ou la pertinence du projet lui-même. Leur décision porte essentiellement sur la question de savoir si l’exécutif peut poursuivre les travaux sans autorisation parlementaire.
Pour le National Trust, le verdict constitue une victoire majeure dans la défense de la Maison-Blanche, considérée comme un symbole historique et institutionnel des États-Unis.
Le dossier pourrait désormais devenir un nouveau test des rapports de force entre la présidence, le Congrès et la justice américaine. Si la Cour suprême accepte de se saisir de l’affaire, elle devra notamment examiner jusqu’où peut aller le pouvoir d’un président lorsqu’il souhaite transformer l’un des bâtiments les plus emblématiques du pays.
![]()




