Colombie : à Cali, l’angoisse des familles face aux ruines d’un immeuble effondré

MOHAMED YAZID BENNOUNA12 août 2026Dernière mise à jour :
Colombie : à Cali, l’angoisse des familles face aux ruines d’un immeuble effondré

À Cali, dans le sud-ouest de la Colombie, les opérations de recherche se poursuivent au milieu des décombres après le puissant séisme qui a frappé le pays. Parmi les familles rassemblées autour des bâtiments détruits, l’espoir de retrouver des survivants reste intact, malgré des heures d’attente et une inquiétude grandissante.

Au cœur de cette tragédie se trouve la résidence Torres del Limonar, dans le quartier de Capri. Cet immeuble de quatre étages s’est totalement effondré, laissant derrière lui une montagne de béton, de meubles et d’effets personnels. Plusieurs personnes se trouveraient encore sous les décombres.

Parmi celles qui attendent désespérément des nouvelles figure Efraín Gallego, dont le frère âgé de 80 ans serait coincé sous les ruines avec son épouse. « L’angoisse est là. Chaque fois qu’une alerte signale la présence possible d’une personne vivante, l’espoir renaît », témoigne-t-il, très ému.

Des recherches menées dans un silence total

Sur le site, pompiers, militaires, secouristes, volontaires et équipes humanitaires travaillent sans relâche pour localiser d’éventuels survivants. Lorsque les équipes pensent être proches d’une personne ensevelie, elles interrompent les opérations et demandent à tout le monde de garder le silence.

Les sauveteurs appellent alors les personnes prisonnières des décombres à crier ou à produire le moindre bruit permettant de les localiser. Chaque silence prolongé fait cependant monter la tension parmi les proches qui attendent.

Selon un secouriste présent sur place, au moins deux personnes auraient été détectées vivantes à un moment des recherches. Des tunnels sont creusés afin de permettre leur extraction, certaines victimes nécessitant notamment d’être dégagées de structures qui les maintiennent prisonnières.

Les informations sur le nombre exact de survivants restent toutefois difficiles à établir dans le chaos qui suit la catastrophe. Plusieurs médias locaux ont fait état de personnes sorties vivantes des ruines, dont un bébé âgé de quelques mois.

Une ville durement touchée

Cali, troisième ville la plus peuplée de Colombie avec plus de deux millions d’habitants, figure parmi les zones les plus touchées par le séisme. Plus de 50 bâtiments auraient été détruits ou fortement affectés dans la ville.

Autour de Torres del Limonar, les habitants observent les opérations avec inquiétude. Certains ont passé la nuit dehors, épuisés après avoir quitté leurs logements ou après avoir attendu des nouvelles de leurs proches.

Les autorités locales ont également pris des mesures exceptionnelles pour faciliter les opérations de secours, notamment l’instauration d’un couvre-feu nocturne destiné à permettre aux équipes de travailler dans de meilleures conditions.

Les volontaires au cœur des secours

Face à l’ampleur des besoins, de nombreux habitants se sont mobilisés spontanément. Certains apportent de l’eau, de la nourriture, des outils ou du matériel, tandis que d’autres participent directement au déblaiement.

Parmi eux, Alejandro Mahecha, 19 ans, a rejoint les opérations après avoir passé la nuit auprès de sa famille. Il explique avoir voulu aider dès les premières heures, considérant que le séisme avait frappé sa ville et des personnes de son entourage.

Avec plusieurs amis, le jeune homme contribue à retirer les débris, à distribuer de l’eau aux secouristes et à dégager les accès autour du site afin de faciliter les évacuations.

Un espoir qui refuse de disparaître

Malgré la fatigue et les difficultés, les secouristes continuent de croire à la possibilité de retrouver des survivants plusieurs jours après un effondrement. James Velasco, membre des équipes de secours, rappelle avoir déjà participé à des opérations au cours desquelles des personnes ont été extraites vivantes après plusieurs jours passés sous les décombres.

Pour les familles, chaque mouvement dans les ruines reste donc porteur d’espoir.

À Torres del Limonar, les marteaux et les scies reprennent régulièrement leur travail avant de s’arrêter brusquement lorsque les sauveteurs lèvent les bras pour imposer le silence. Efraín Gallego attend toujours un signe de son frère.

Pour lui comme pour les autres familles rassemblées sur place, chaque minute compte.

Loading

Laisser un avis

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Termes des commentaires :

Derniers articles