Trump veut réduire le nombre de vaccins infantiles et recommande de dissocier le vaccin ROR

MOHAMED YAZID BENNOUNA12 août 2026Dernière mise à jour :
Trump veut réduire le nombre de vaccins infantiles et recommande de dissocier le vaccin ROR

Le président américain Donald Trump a signé un décret visant à réduire le nombre de vaccins recommandés pour les enfants aux États-Unis et préconisant notamment de dissocier les trois composantes du vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR). Une décision vivement critiquée par de nombreux experts médicaux, qui estiment qu’elle pourrait favoriser une baisse de la couverture vaccinale et exposer davantage les enfants à certaines maladies infectieuses.

Le nouveau texte recommande de ramener de 18 à 11 le nombre de vaccins considérés comme nécessaires pour l’ensemble des enfants, selon les recommandations citées par la Maison Blanche. Cette orientation concerne notamment la rougeole, les oreillons, la rubéole, la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, certaines infections à Haemophilus influenzae de type B, les infections à pneumocoques, le papillomavirus humain ainsi que la varicelle.

Une remise en cause du vaccin combiné ROR

Donald Trump a également relancé ses critiques contre le vaccin ROR, suggérant que les trois composantes pourraient être administrées séparément. Le président américain a notamment affirmé que le vaccin combiné pouvait présenter des risques importants, sans fournir de données scientifiques permettant d’étayer cette affirmation.

Les autorités sanitaires américaines rappellent pourtant que le vaccin ROR est largement utilisé et que les effets indésirables graves restent très rares. Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) indiquent notamment qu’une vaccination contre la rougeole, les oreillons et la rubéole présente un risque nettement inférieur à celui associé aux maladies elles-mêmes.

Les CDC précisent également qu’il n’existe pas de preuve scientifique démontrant un avantage médical à administrer séparément les trois composantes du vaccin ROR.

Aucun lien établi avec l’autisme

Le décret intervient alors que Donald Trump continue d’évoquer un lien entre les vaccins infantiles et l’autisme. Cette hypothèse est pourtant rejetée par la communauté scientifique.

De nombreuses études ont conclu à l’absence de lien entre le vaccin ROR et l’autisme. Une vaste étude réalisée au Danemark en 2019, portant sur plus de 657.000 enfants, n’a notamment trouvé aucune indication permettant d’établir que le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole provoquerait ou déclencherait l’autisme.

Les déclarations du président américain ont ainsi suscité de fortes réactions parmi les professionnels de santé.

Les pédiatres dénoncent une décision risquée

L’American Academy of Pediatrics (AAP) a vivement critiqué la nouvelle orientation. Son président, le Dr Andrew Racine, a estimé que le décret était dangereux et ne reposait pas sur des données scientifiques solides.

Les spécialistes redoutent notamment que l’espacement des injections entraîne davantage de retards ou de rendez-vous manqués. Une multiplication des consultations pourrait également compliquer le suivi du calendrier vaccinal pour les familles et augmenter les coûts, sans bénéfice médical démontré.

Cette inquiétude intervient alors que plusieurs maladies évitables par la vaccination, notamment la rougeole, continuent de circuler aux États-Unis.

Une mesure qui ne modifie pas directement les obligations scolaires

Le décret présidentiel constitue avant tout une orientation fédérale. Aux États-Unis, les règles concernant les vaccins exigés pour la scolarisation sont principalement déterminées au niveau des États. Le texte ne constitue donc pas, à lui seul, une interdiction ou une obligation nationale de modifier les vaccinations administrées aux enfants.

L’administration Trump affirme de son côté vouloir donner davantage de choix aux parents et réduire le nombre d’injections administrées aux enfants.

Le débat sur l’aluminium relancé

Le décret demande également d’étudier des alternatives à l’aluminium utilisé dans certains vaccins et d’évaluer leur sécurité et leur efficacité.

L’AAP rappelle toutefois que les sels d’aluminium présents dans certains vaccins sont utilisés depuis plusieurs décennies et que les études disponibles n’ont pas mis en évidence de risque sanitaire important lié aux faibles quantités utilisées.

Pour les experts, le principal enjeu reste donc la préservation d’une couverture vaccinale suffisamment élevée afin d’éviter la résurgence de maladies dont la propagation peut être limitée grâce à la vaccination.

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