Les États-Unis s’apprêtent à exécuter trois condamnés à mort dans trois États différents au cours de la même journée, une situation qui ne s’était plus produite depuis 16 ans. Les exécutions prévues dans le Tennessee, l’Alabama et l’Oklahoma illustrent la hausse du recours à la peine capitale aux États-Unis, malgré un recul progressif de son soutien au sein de l’opinion publique.
Anthony Darrell Hines, 66 ans, Jeremy Williams, 41 ans, et Carlos Cuesta-Rodriguez, 71 ans, doivent être exécutés jeudi pour des condamnations liées à des affaires de meurtre. Tous trois doivent subir une injection létale, à l’exception d’éventuelles décisions de dernière minute susceptibles de suspendre leur exécution.
En 2025, 47 exécutions ont été réalisées dans 11 États américains, contre 25 en 2024. La Floride représente à elle seule une part importante de cette hausse. Sur les 19 exécutions recensées aux États-Unis depuis le début de 2026, 12 ont eu lieu dans cet État.
Selon plusieurs organisations spécialisées, la politique menée par le gouverneur républicain de Floride, Ron DeSantis, contribue largement à cette tendance. Des réformes adoptées sous son mandat ont notamment facilité le recours à la peine capitale dans certaines affaires criminelles.
L’influence de Donald Trump
Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a également renforcé la place de la peine de mort dans la politique pénale américaine. Dès le début de son second mandat, le président a signé un décret visant à rétablir et renforcer le recours à la peine capitale au niveau fédéral.
Son administration a également élargi les méthodes d’exécution disponibles et cherché à faciliter l’accès aux produits nécessaires aux injections létales. Toutefois, les effets directs de cette politique sur le nombre d’exécutions ne pourront être pleinement évalués que dans plusieurs années, compte tenu de la durée des procédures judiciaires et des nombreux recours.
La peine de mort reste actuellement prévue par la législation de 27 des 50 États américains. Plusieurs d’entre eux ont toutefois suspendu les exécutions en raison de préoccupations liées aux erreurs judiciaires, aux discriminations, aux coûts et aux difficultés techniques.
Des exécutions qui suscitent toujours la controverse
La méthode d’exécution constitue elle aussi un sujet de débat. Les difficultés d’approvisionnement en produits utilisés pour les injections létales ont conduit certains États à envisager ou à utiliser d’autres méthodes, notamment les pelotons d’exécution.
Des exécutions particulièrement difficiles ont également alimenté les critiques. En mai dernier, dans le Tennessee, les autorités avaient échoué pendant plus d’une heure à administrer correctement une injection létale à un condamné, avant que le gouverneur ne lui accorde un sursis d’un an.
Anthony Darrell Hines doit être exécuté selon le même protocole dans cet État, malgré son état de santé fragile et le fait qu’il continue de clamer son innocence.
Un soutien populaire en recul
Cette hausse des exécutions intervient paradoxalement alors que le soutien américain à la peine de mort tend à diminuer. Selon Gallup, 52 % des Américains considèrent encore la peine capitale comme moralement acceptable, un niveau qui constitue le plus faible enregistré depuis les années 1970.
Le nombre de condamnations à mort prononcées par les jurys connaît également une forte baisse. Alors que plus de 300 condamnations à mort pouvaient être prononcées chaque année dans les années 1990, seulement 23 l’ont été en 2025.
Pour les organisations opposées à la peine capitale, cette évolution traduit un changement profond dans la perception de la justice pénale américaine. Malgré la hausse récente des exécutions, de plus en plus de jurés semblent considérer que la peine de mort n’est pas nécessairement la réponse appropriée, même dans les affaires criminelles les plus graves.
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