Après plusieurs années d’abandon, les anciens abattoirs de Casablanca, situés à Hay Mohammadi, s’apprêtent à connaître une nouvelle phase de leur transformation. Un vaste programme de restauration, estimé à 95 millions de dirhams, doit permettre de préserver ce site historique et d’en faire un important pôle culturel et patrimonial.
La SDL Casa-Aménagement a lancé un appel d’offres pour désigner le maître d’œuvre chargé des études et du suivi des travaux. Cette mission, estimée à près de 2,1 millions de dirhams, s’étalera sur 24 mois, du diagnostic initial jusqu’à la réception définitive du chantier.
Un patrimoine majeur de Casablanca
Construits au début du XXe siècle sous la direction de l’architecte Georges-Ernest Desmarest, puis modernisés en 1922 sous l’impulsion de l’urbaniste Henri Prost, les anciens abattoirs témoignent du développement de Casablanca en grande métropole.
Le complexe, implanté sur près de cinq hectares, comprenait notamment des bâtiments administratifs, des écuries, des halles d’abattage, des espaces frigorifiques et plusieurs voies de circulation internes.
À leur inauguration, alors que Casablanca comptait environ 100 000 habitants, les abattoirs représentaient la plus importante surface couverte de la ville. Le site aurait également employé jusqu’à 5 000 personnes, jouant ainsi un rôle économique majeur dans la métropole.
Sur le plan architectural, l’ensemble associe des influences Art déco et néo-mauresques. Les portes monumentales ornées d’étoiles chérifiennes en zellige et les structures en béton armé illustrent les innovations architecturales de leur époque.
De friche industrielle à espace culturel
Fermés en 2002 et inscrits au patrimoine historique national en 2003, les anciens abattoirs ont progressivement changé de vocation.
Depuis 2009, plusieurs initiatives culturelles ont permis de redonner vie au site à travers des concerts, spectacles, expositions, ateliers et rencontres artistiques.
Le nouveau programme vise désormais à pérenniser cette vocation culturelle.
Les travaux prévoient notamment la restauration des bâtiments existants, la reconstruction de certaines parties dégradées ainsi que la réhabilitation des façades et des toitures dans le respect de l’architecture originale. La tour des frigorifiques, notamment touchée par un incendie, fait également partie des éléments concernés.
Un futur pôle dédié à la création
À terme, le site devrait accueillir plusieurs espaces consacrés à la culture et à la création, notamment :
- des résidences d’artistes ;
- des galeries d’exposition ;
- des espaces associatifs ;
- des lieux dédiés aux activités culturelles ;
- le futur siège de la Chambre de l’artisanat de Casablanca-Settat.
L’objectif est de préserver l’identité historique des anciens abattoirs tout en leur donnant de nouvelles fonctions adaptées aux besoins culturels de Casablanca.
Avec ce projet, la métropole souhaite ainsi transformer un ancien symbole de son passé industriel en un espace culturel tourné vers l’avenir, tout en préservant une partie importante de sa mémoire et de son patrimoine.




