Le Maroc et l’Inde affichent leur volonté de franchir une nouvelle étape dans leur coopération économique et commerciale. La 7ème session de la Commission mixte Inde-Maroc, tenue lundi à Rabat, a permis d’identifier plusieurs pistes pour renforcer les échanges, les investissements et les partenariats industriels entre les deux pays.
Vers un partenariat économique renforcé
À cette occasion, le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, a souligné que cette rencontre devait contribuer à élargir les relations entre Rabat et New Delhi et à leur donner une dimension plus ambitieuse.
Il a rappelé que les relations diplomatiques entre les deux pays, établies en 1993, reposent sur des liens d’amitié et de respect mutuel. Leur dynamique s’est notamment accélérée après la visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en Inde en 2015.
Le responsable marocain a également mis en avant les atouts du Royaume, notamment sa position géographique, ses infrastructures et son réseau d’accords de libre-échange. Ces avantages peuvent faire du Maroc une plateforme stratégique pour les entreprises indiennes souhaitant accéder aux marchés africains et européens.
Des échanges commerciaux proches de 4 milliards de dollars
Le ministre délégué indien chargé du Commerce et de l’Industrie et des Technologies de l’électronique et de l’information, Jitin Prasada, a pour sa part affirmé la volonté de New Delhi de renforcer davantage ce partenariat.
Selon lui, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint environ 4 milliards de dollars en 2025-2026, avec près de 1,6 milliard de dollars d’exportations indiennes vers le Maroc et environ 2,89 milliards de dollars d’exportations marocaines vers l’Inde.
L’Inde souhaite désormais doubler le volume des échanges bilatéraux au cours des cinq prochaines années, tout en diversifiant leur structure et en facilitant l’accès aux marchés respectifs.
Un possible accord commercial préférentiel
Pour atteindre cet objectif, Jitin Prasada a proposé la création d’un groupe de travail conjoint consacré au commerce bilatéral.
Cette structure aurait notamment pour mission de renforcer les échanges entre les entreprises, d’identifier les obstacles au commerce et d’examiner la possibilité de conclure un accord commercial préférentiel entre les deux pays.
La levée des barrières non tarifaires figure également parmi les priorités évoquées lors de cette session.
L’industrie et les infrastructures au cœur des discussions
La coopération ne devrait pas se limiter au commerce. Plusieurs secteurs industriels ont été identifiés comme présentant un fort potentiel, notamment l’automobile, les industries électriques et les énergies renouvelables.
L’Inde souhaite également renforcer les partenariats dans le secteur des engrais et encourager la réalisation d’investissements conjoints.
Les entreprises indiennes pourraient par ailleurs participer davantage aux projets d’infrastructures marocains dans des domaines tels que les routes, le ferroviaire, l’énergie, l’eau et la connectivité numérique.
Le secteur privé appelé à jouer un rôle majeur
Les deux parties souhaitent enfin accroître l’implication du secteur privé à travers des investissements, des partenariats entre entreprises et la création de coentreprises.
Dans cette perspective, le ministre indien a invité une délégation marocaine de haut niveau au Partnership Summit 2026, prévu les 12 et 13 novembre à Visakhapatnam, en Inde.
Cette nouvelle étape confirme ainsi l’ambition de Rabat et New Delhi de transformer leurs relations économiques en un partenariat plus diversifié, fondé sur l’investissement, l’industrie et l’intégration des entreprises dans de nouvelles chaînes de valeur.
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