États-Unis-Iran : échanges de frappes autour du détroit d’Ormuz

MOHAMED YAZID BENNOUNA31 août 2026Dernière mise à jour :
États-Unis-Iran : échanges de frappes autour du détroit d’Ormuz

Les États-Unis et l’Iran ont échangé des frappes, pour la première fois depuis plusieurs semaines, faisant craindre une nouvelle escalade dans le conflit qui oppose les deux pays.

Les forces américaines ont mené une frappe contre deux lance-roquettes sur l’île de Larak, située dans le détroit d’Ormuz. Selon le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI), l’attaque aurait fait deux morts et deux blessés.

Le Commandement central américain (Centcom) a confirmé l’opération, la présentant comme une action « limitée et précise ». Selon l’armée américaine, les forces iraniennes se préparaient à lancer des roquettes et à déployer des mines marines dans le détroit d’Ormuz.

L’Iran annonce des représailles

Après la frappe américaine, le CGRI a annoncé avoir lancé des missiles balistiques contre des bases militaires américaines en Jordanie.

L’armée jordanienne a indiqué avoir intercepté huit missiles tôt lundi matin.

Les médias d’État iraniens ont également affirmé que l’armée iranienne avait ciblé une base aérienne aux Émirats arabes unis à l’aide de drones.

Abou Dhabi a toutefois démenti ces informations, qualifiant de « infondées » les affirmations selon lesquelles la base aérienne d’Al-Minhad aurait été visée. Les autorités émiraties ont néanmoins confirmé avoir abattu un drone.

Le détroit d’Ormuz au cœur des tensions

L’île de Larak se trouve à proximité de Bandar Abbas, au cœur du détroit d’Ormuz, l’une des principales voies maritimes pour le transport mondial d’hydrocarbures.

Avant le début du conflit, environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié acheminés dans le monde transitaient par cette zone stratégique.

Depuis le début des hostilités en février, le détroit est pratiquement fermé au trafic commercial, provoquant d’importantes fluctuations des cours du pétrole sur les marchés internationaux.

L’Iran exigerait actuellement que les navires-citernes passant près de Larak se soumettent à des contrôles et ferait payer jusqu’à 2 millions de dollars à certains navires pour traverser le détroit.

Une nouvelle escalade après la pause américaine

La frappe américaine constitue la première attaque connue contre l’Iran depuis que le président Donald Trump avait suspendu, fin juillet, une nouvelle campagne militaire contre le pays.

Quelques heures après l’opération, Trump a publié sur son réseau social des vidéos présentées comme des images d’installations pétrolières iraniennes en train d’exploser. L’une d’elles faisait notamment référence à l’île de Kharg, important terminal pétrolier iranien que le président américain avait précédemment menacé de cibler.

De son côté, le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré que Téhéran ne cherchait pas la guerre, tout en promettant une « réponse décisive » aux attaques.

Cette nouvelle série de frappes intervient alors que le détroit d’Ormuz reste au centre des tensions régionales et constitue un point stratégique majeur pour la sécurité énergétique mondiale.

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