À l’approche des élections législatives du 23 septembre, la jeunesse s’impose progressivement comme l’un des acteurs majeurs de la dynamique politique dans la région de l’Oriental.
De Oujda à Jerada, en passant par Berkane, Nador, Driouch, Taourirt, Guercif et Figuig, les jeunes manifestent un intérêt croissant pour le scrutin et souhaitent désormais dépasser le simple rôle d’électeurs pour participer directement à la vie politique et à la gestion des affaires publiques.
Une mobilisation qui dépasse les campagnes électorales
La participation des jeunes ne se limite plus à leur présence durant les périodes de campagne. Elle prend désormais différentes formes : adhésion aux partis politiques, candidatures électorales, participation au débat public et implication dans le choix des représentants.
Cette évolution est particulièrement visible sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques, devenus des espaces privilégiés pour présenter les programmes, débattre des enjeux locaux et échanger directement avec les électeurs.
La communication numérique s’accompagne également d’actions de proximité, permettant aux jeunes candidats et militants de se rapprocher davantage des habitants, notamment dans les zones rurales.
Les partis misent sur le renouvellement
Face à cette évolution, plusieurs formations politiques de l’Oriental accordent une place croissante aux jeunes compétences dans leurs listes électorales.
Cette stratégie vise à favoriser le renouvellement des élites locales et à faire émerger de nouveaux profils capables de participer aux différents chantiers de développement de la région.
L’enjeu est également de rapprocher les institutions représentatives des aspirations d’une nouvelle génération confrontée à des problématiques spécifiques en matière d’emploi, de formation, de services publics et de développement territorial.
La formation pour encourager l’engagement
Pour Mahmoud Alioua, président de l’association « Isaaf Jerada » pour le développement et la solidarité, l’implication des jeunes dans la gouvernance locale constitue depuis plusieurs années un axe important de l’action associative.
Depuis 2015, l’association mène ainsi différentes initiatives destinées à renforcer les capacités des jeunes et à les encourager à participer à la vie publique.
Dans le contexte des prochaines élections, elle a notamment lancé un projet d’accompagnement comprenant des sessions de formation au profit de 80 jeunes, femmes et hommes.
Ces formations portent notamment sur les mécanismes de gestion des campagnes électorales et sur les principales dispositions juridiques encadrant le processus électoral.
Les jeunes ne veulent plus être un simple « chiffre électoral »
Pour Abdelhamid Chami, acteur associatif, la progression de la participation des jeunes traduit une prise de conscience accrue de leur rôle dans la vie politique.
Selon lui, les jeunes ne souhaitent plus être considérés uniquement comme une masse électorale mobilisée lors des scrutins. Ils veulent également contribuer à la prise de décision et à la gestion des affaires publiques.
Le défi consiste désormais à faire de la politique un espace ouvert au débat, aux idées et aux propositions, avec des résultats concrets susceptibles d’améliorer le quotidien des citoyens.
Une nouvelle génération s’engage
Sur le terrain, plusieurs jeunes de l’Oriental illustrent cette évolution.
À 19 ans, Bilal Chabouch estime que la jeunesse doit s’engager de manière concrète et diversifiée. Il défend notamment une combinaison entre communication numérique et présence sur le terrain afin de mieux faire connaître les programmes et les propositions politiques.
De son côté, Fatima Zahra Amghiouz, âgée de 20 ans, explique avoir progressivement transformé son intérêt pour la politique en engagement au sein d’une organisation partisane.
Son objectif est notamment de faire entendre les préoccupations de sa génération, en privilégiant une communication directe avec les citoyens, y compris les habitants des zones rurales.
À 22 ans, Oumaima Bousghira appelle pour sa part les jeunes à participer activement au scrutin. Elle considère que le changement attendu, aussi bien au niveau local que national, passe nécessairement par une forte participation de la jeunesse aux élections.
Un enjeu déterminant pour l’Oriental
La mobilisation observée dans la région traduit une évolution du rapport des jeunes à la politique. De simples électeurs, ils cherchent désormais à devenir acteurs du débat public, candidats, militants et force de proposition.
Les législatives du 23 septembre apparaissent ainsi comme une échéance importante pour mesurer la capacité des partis et des institutions à accompagner cette nouvelle dynamique.
Dans une région confrontée à d’importants défis de développement, l’enjeu sera notamment de transformer l’engagement croissant de la jeunesse en une participation politique durable et porteuse de résultats concrets.
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