À l’approche des élections législatives du 23 septembre, les partis politiques marocains engagés dans la course électorale intensifient leurs efforts pour présenter leurs candidats et exposer les grandes lignes de leurs programmes.
Parmi les principaux outils mobilisés pour toucher les électeurs, les réseaux sociaux occupent désormais une place centrale, confirmant leur rôle croissant dans la communication politique.
Facebook, Instagram et TikTok au cœur des stratégies
Si les meetings et les rassemblements continuent de constituer des rendez-vous importants pour les formations politiques, la progression des plateformes numériques a profondément transformé les méthodes de communication électorale.
De Facebook à TikTok, en passant par Instagram et YouTube, les partis investissent massivement ces espaces afin de toucher un public toujours plus connecté et de mobiliser notamment les jeunes électeurs.
Les réseaux sociaux offrent également aux candidats la possibilité d’établir une communication plus directe avec les citoyens, grâce aux commentaires, aux messages et aux différents outils d’interaction disponibles sur ces plateformes.
Cette proximité permet aux responsables politiques de présenter leurs propositions, mais aussi de recueillir plus rapidement les attentes et les préoccupations de leur communauté.
Une campagne déjà visible en ligne
Bien que la campagne électorale officielle débute le 10 septembre, la compétition est déjà largement visible sur les réseaux sociaux.
Slogans, présentations de candidats, extraits de programmes et contenus de campagne apparaissent progressivement dans les fils d’actualité, laissant présager une bataille numérique particulièrement intense dans les semaines à venir.
Pour les formations politiques, l’enjeu consiste notamment à parvenir à capter l’attention d’un électorat jeune, très présent sur les plateformes numériques, et à l’encourager à participer au scrutin.
À chaque plateforme son langage
Cette nouvelle forme de communication impose toutefois aux candidats de maîtriser les codes propres à chaque réseau.
YouTube se prête davantage aux interventions et aux explications de plusieurs minutes, tandis que TikTok et Instagram privilégient les formats courts, visuels et émotionnels, capables de capter rapidement l’attention des internautes.
La communication politique numérique ne consiste donc plus uniquement à diffuser un programme, mais également à adapter le message au format et aux habitudes de consommation de chaque public.
Les jeunes électeurs particulièrement concernés
Pour Reda, un jeune cadre trentenaire, les réseaux sociaux facilitent la réactivité et l’interaction entre les citoyens et les responsables politiques.
Ces plateformes lui permettent notamment de découvrir les orientations des différents partis et de comparer leurs propositions à l’approche du scrutin.
Il considère également que les débats politiques en ligne et la possibilité pour les citoyens de réagir directement aux publications constituent des évolutions positives. Cette dynamique l’encourage à donner son avis et à faire connaître les priorités qu’il souhaite voir prises en compte.
Parmi ses principales préoccupations figurent les enjeux économiques et sociaux, notamment la création d’emplois et le développement des secteurs ayant un impact direct sur la qualité de vie.
De son côté, Mohamed, étudiant en sciences économiques, estime que les réseaux sociaux représentent l’un des moyens les plus efficaces pour atteindre la jeunesse et mieux comprendre ses attentes.
Il se félicite notamment de la présence croissante de jeunes candidats dans les listes électorales et de l’attention accordée aux problématiques liées à la jeunesse.
Un terrain devenu incontournable
Pour les observateurs, l’importance prise par la communication numérique dans cette campagne s’explique notamment par la progression continue de l’accès à Internet au Maroc.
À fin mars 2026, le parc Internet national atteignait 41,08 millions de souscriptions, en hausse de 3,05 % sur une année. L’Internet mobile représentait à lui seul environ 38,1 millions de souscriptions.
Le taux de pénétration du parc Internet s’établissait ainsi à 111,54 %, confirmant l’importance des usages numériques dans la vie quotidienne des Marocains.
Une tendance confirmée depuis 2021
Les Législatives de 2021, organisées dans un contexte marqué par la pandémie de Covid-19, avaient déjà accéléré le recours aux outils numériques dans la communication politique.
Le scrutin de 2026 confirme cette évolution : les réseaux sociaux sont désormais devenus un espace majeur de communication, de marketing politique et de mobilisation électorale.
À quelques semaines du vote, les partis devront donc composer avec une nouvelle réalité : convaincre les électeurs ne se joue plus uniquement dans les salles de meeting et sur le terrain, mais aussi dans les fils d’actualité, les vidéos courtes et les échanges en ligne.
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