À l’occasion de la Journée internationale de la démocratie, une coalition d’ONG sahraouies basée à Laâyoune a publié une déclaration consacrée à la situation politique, humanitaire et sociale dans les camps de Tindouf, appelant notamment à renforcer les mécanismes de protection et de représentation des populations qui y vivent.
Dans son document, la coalition estime que les résidents des camps restent confrontés à des difficultés liées à l’accès aux droits civils, à la représentation politique et à la protection humanitaire. Elle appelle à ce que ces questions fassent l’objet d’une attention accrue de la communauté internationale.
La question du statut juridique au centre des préoccupations
La coalition met particulièrement en avant la question de l’enregistrement et de l’identification des populations des camps.
Elle réclame la mise en place d’un processus indépendant d’enregistrement sous supervision internationale, estimant qu’une meilleure connaissance de la composition de la population est nécessaire pour renforcer la protection des personnes et améliorer le suivi de l’aide humanitaire.
La question du recensement des réfugiés de Tindouf fait depuis plusieurs années l’objet de discussions au sein du système onusien.
Des critiques sur la représentation politique
Sur le plan politique, la coalition affirme que le Front Polisario exercerait une influence prépondérante sur les structures administratives et politiques des camps.
Elle dénonce notamment ce qu’elle présente comme une absence de pluralisme politique et de structures civiles indépendantes, ainsi que des restrictions qui toucheraient, selon elle, la liberté d’expression et la participation à la vie publique.
Ces affirmations s’inscrivent dans un débat plus ancien sur la gouvernance des camps et les conditions dans lesquelles les populations y exercent leurs droits. Des organisations de défense des droits humains ont, par le passé, fait état d’allégations concernant la liberté de circulation et d’expression, avec des appréciations parfois divergentes sur la situation.
L’aide humanitaire également évoquée
La gestion et l’acheminement de l’aide humanitaire constituent un autre volet important de la déclaration.
La coalition affirme que l’opacité entourant la gestion des ressources pourrait favoriser des pratiques de mauvaise gestion ou de détournement et appelle, en conséquence, à un contrôle renforcé de la distribution de l’aide.
Cette question intervient dans un contexte humanitaire difficile. Les Nations unies estiment qu’environ 173.600 personnes vivent dans les camps de Tindouf et dépendent largement de l’aide humanitaire, tandis que les financements disponibles ont été soumis ces dernières années à de fortes pressions.
La jeunesse au cœur des inquiétudes
La déclaration accorde également une place importante à la situation des jeunes, présentés comme particulièrement exposés au manque de perspectives économiques et politiques.
La coalition estime que l’absence d’opportunités professionnelles et de mécanismes de représentation pourrait accentuer les frustrations et accroître la vulnérabilité d’une partie de cette population face aux réseaux criminels ou aux groupes extrémistes actifs dans la région sahélo-saharienne.
Elle appelle ainsi à renforcer les perspectives d’emploi, de formation et de participation civique au sein des camps.
Appel à une action internationale
Face à ces différentes préoccupations, la coalition demande notamment un enregistrement indépendant des populations, un renforcement des libertés individuelles et un contrôle accru de l’aide humanitaire.
Elle souhaite également que les instances internationales poursuivent leur implication dans la protection des populations et dans l’amélioration des conditions de vie au sein des camps.
À travers cette déclaration publiée à l’occasion de la Journée internationale de la démocratie, les ONG signataires entendent replacer les questions de droits, de représentation, de protection humanitaire et de perspectives pour la jeunesse au centre du débat sur la situation des camps de Tindouf.
Les accusations formulées dans ce document restent toutefois celles de la coalition signataire et ne constituent pas, à elles seules, une conclusion judiciaire ou une constatation indépendante de responsabilité.
![]()




