Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a mis en avant mardi soir, devant l’Assemblée générale des Nations Unies, le potentiel économique, humain et culturel de l’Afrique, appelant à dépasser les représentations qui réduisent le continent aux seuls conflits et difficultés.
Intervenant au nom du Maroc lors du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre a défendu une vision fondée sur le développement, la coopération africaine et une plus grande participation du continent aux décisions internationales. La 81e session de l’Assemblée générale a été ouverte le 8 septembre 2026 et son débat général se déroule du 22 au 26 septembre.
« L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique »
Nasser Bourita a rappelé que cette approche s’inscrit dans les orientations royales, résumées par la formule de SM le Roi Mohammed VI : « L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique ».
Le ministre a estimé que le continent dispose d’importants atouts humains, naturels et culturels, tout en soulignant l’existence d’un écart entre les engagements pris par la communauté internationale en faveur de l’Afrique et leur concrétisation sur le terrain.
Selon lui, le Maroc considère que l’Afrique a atteint un niveau de maturité lui permettant de jouer un rôle accru dans la définition des réponses aux problématiques qui la concernent et de contribuer à la recherche de solutions aux défis mondiaux.
Le Maroc plaide pour une réforme de l’ONU
Dans ce contexte, Nasser Bourita a réaffirmé la position du Royaume en faveur d’une réforme globale de l’Organisation des Nations Unies, incluant le Conseil de sécurité.
Le ministre a défendu une adaptation des institutions internationales aux évolutions géopolitiques actuelles et a insisté sur la nécessité de remédier à la représentation insuffisante de l’Afrique dans les mécanismes de décision internationaux.
Cette revendication rejoint d’ailleurs l’un des thèmes centraux des débats actuels sur la réforme du Conseil de sécurité. Les Nations Unies soulignent elles-mêmes que la sous-représentation de l’Afrique demeure un enjeu majeur de la réforme de cet organe.
Des initiatives marocaines en Afrique
Le chef de la diplomatie marocaine a également rappelé que cette vision se traduit, selon le Royaume, par des projets et des initiatives concrètes.
Il a notamment cité l’initiative visant à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique, l’Initiative des États africains de l’Atlantique ainsi que le projet de Gazoduc Afrique Atlantique.
Ces initiatives s’inscrivent dans une approche visant à renforcer les connexions régionales et les échanges entre les pays africains.
Coopération dans plusieurs secteurs
Nasser Bourita a par ailleurs mis en avant les investissements réalisés dans différentes infrastructures régionales ainsi que la coopération développée dans plusieurs domaines.
Il a cité notamment la sécurité alimentaire et la production d’engrais, les énergies renouvelables, la gestion des ressources en eau et la santé.
La formation des compétences africaines a également été présentée comme un élément central de cette stratégie, avec l’objectif de contribuer au développement des ressources humaines du continent.
Vers une plus grande implication de l’Afrique
À travers son intervention, le ministre a ainsi défendu une approche dans laquelle l’Afrique ne serait pas uniquement bénéficiaire des politiques de coopération internationale, mais également actrice de leur conception et de leur mise en œuvre.
Cette vision rejoint les appels plus larges exprimés à l’approche de la 81e session de l’Assemblée générale en faveur d’une présence africaine renforcée dans la gouvernance mondiale et d’un rôle accru du continent dans la définition des réponses aux défis internationaux.
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