Salé accueille la 19e édition du Festival international du film de femmes sous le signe de la création et du dialogue culturel

El azhar Bennouna Sanaa29 septembre 2026Dernière mise à jour :
Salé accueille la 19e édition du Festival international du film de femmes sous le signe de la création et du dialogue culturel

La ville de Salé accueille, du 28 septembre au 3 octobre 2026, la 19e édition du Festival international du film de femmes, organisée par l’Association Bouregreg sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Cette manifestation cinématographique entend mettre en lumière la création féminine, interroger les stéréotypes liés aux femmes et ouvrir le débat sur leur représentation dans les productions audiovisuelles.

La cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs personnalités des milieux artistique, culturel et médiatique. Elle a été marquée par des hommages rendus aux actrices marocaines Amal Ayouch et Meryem Zaïmi, ainsi qu’au réalisateur Mohamed Abderrahman Tazi, en reconnaissance de leurs contributions au développement du cinéma et de la télévision au Maroc.

Prenant la parole à cette occasion, le président de l’Association Bouregreg, Noureddine Chmaou, a souligné le caractère particulier de cette édition, qui coïncide avec le 40e anniversaire de la création de l’association. Il a rappelé la place du cinéma comme moyen d’expression et de réflexion sur les transformations de la société, notamment les questions relatives à la condition féminine.

Le responsable associatif a également mis en avant l’importance de ce rendez-vous dans le paysage culturel national, saluant la mobilisation des partenaires institutionnels, des professionnels du septième art, des membres des jurys, des médias et de l’ensemble des équipes organisatrices.

Le Québec à l’honneur, un pont culturel entre le Maroc et l’Amérique du Nord

Invité d’honneur de cette 19e édition, le cinéma québécois occupe une place centrale dans la programmation. Le directeur du Bureau du Québec à Rabat, Julien Cormier, s’est félicité de cette initiative, qu’il considère comme une illustration du dynamisme des relations culturelles entre le Maroc et le Québec.

Il a également salué l’engagement de l’Association Bouregreg en faveur de la création féminine, soulignant le rôle du festival dans le développement des échanges artistiques, le rapprochement entre les peuples et la promotion de la compréhension mutuelle à travers le cinéma.

La programmation québécoise comprend notamment quatre projections de films, des rencontres professionnelles ainsi qu’une master class animée par la réalisatrice québécoise d’origine marocaine Halima Elkhatabi.

Un hommage à Fatima Mernissi et à son héritage intellectuel

Cette édition accorde une place particulière à la mémoire de la sociologue et intellectuelle marocaine Fatima Mernissi, dont l’œuvre scientifique et sociologique demeure étroitement liée aux réflexions sur la place des femmes dans la société.

Organisé en partenariat avec l’Association des amis de Fatima Mernissi pour les activités culturelles, cet hommage prévoit la projection du film « Fatema, la sultane inoubliable », réalisé par Mohamed Abderrahman Tazi.

Cette initiative entend faire découvrir au public le parcours et les engagements d’une figure majeure de la pensée marocaine, dont les travaux ont contribué aux débats sur les droits des femmes et les rapports sociaux.

Le festival inaugure également une nouvelle rubrique intitulée « La femme… dans leur regard », consacrée à la manière dont les réalisateurs masculins abordent la condition féminine dans leurs œuvres. Pour cette première édition, le cinéaste Mohamed Abderrahman Tazi est l’invité de cette rencontre.

Une programmation entre compétitions, débats et projections en plein air

Au-delà des compétitions officielles, le programme propose plusieurs rendez-vous destinés à favoriser les échanges entre les professionnels du cinéma et le public.

Un colloque consacré au thème « Le cinéma et les enjeux de la société civile » permettra d’examiner les liens entre la création cinématographique et les problématiques sociales. Un « Dialogue de cinéastes » réunira également Hind Bensari et Sofia Alaoui autour de leurs expériences et de leurs démarches artistiques.

La remise du « Prix de l’Autre Rive » figure aussi parmi les temps forts de cette manifestation, qui prévoit par ailleurs des projections ouvertes au grand public en plein air, dans l’espace Souk El Kbir, au cœur de la médina de Salé.

À travers cette diversité de propositions, le Festival international du film de femmes de Salé confirme sa vocation de plateforme de rencontre entre les cultures et les générations de cinéastes, tout en plaçant la représentation des femmes et les enjeux de société au cœur du débat cinématographique.

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