Justice pénale : le Maroc plaide à Abou Dhabi pour une approche axée sur la prévention, la coopération et la dignité humaine

El azhar Bennouna Sanaa29 septembre 2026Dernière mise à jour :
Justice pénale : le Maroc plaide à Abou Dhabi pour une approche axée sur la prévention, la coopération et la dignité humaine

Le Maroc réaffirme son engagement en faveur d’une politique de prévention de la criminalité et de justice pénale fondée sur la coopération internationale, la protection de la dignité humaine et le renforcement des capacités institutionnelles. Cette orientation a été mise en avant par l’ambassadeur et représentant permanent du Royaume auprès des organisations internationales à Vienne, Azzeddine Farhane, lors du 15e Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale, organisé du 26 septembre au 1er octobre à Abou Dhabi.

Intervenant samedi lors d’une session consacrée aux contributions régionales et à l’implication de la société civile, le diplomate a souligné que cette démarche, menée conformément aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, repose sur la mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés et sur une solidarité internationale renforcée.

Il a notamment insisté sur la nécessité d’associer les gouvernements, les organisations de la société civile, les milieux universitaires et les communautés locales à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques de prévention et de lutte contre la criminalité.

L’expérience marocaine au service de la coopération régionale

Azzeddine Farhane a mis en avant l’expérience du Maroc dans l’organisation, en avril 2025, de la Réunion préparatoire régionale pour l’Asie occidentale, estimant que cette initiative a confirmé l’importance d’articuler les engagements internationaux avec les réalités régionales et les priorités nationales.

Selon le diplomate, l’efficacité de l’action multilatérale repose sur la capacité à rapprocher les orientations mondiales des expériences de terrain et à faire de la coopération régionale un prolongement des engagements nationaux.

Il a également souligné que l’accueil de cette réunion ne relevait pas uniquement d’une responsabilité organisationnelle, mais traduisait une conviction : les réponses aux défis criminels gagnent en pertinence lorsqu’elles tiennent compte des réalités locales et des acteurs directement concernés.

À cet égard, il a présenté cinq enseignements tirés de l’expérience marocaine, susceptibles de contribuer aux travaux internationaux en matière de prévention du crime et de justice pénale.

Cinq axes pour renforcer l’efficacité de l’action internationale

Le premier enseignement concerne la prise en compte des spécificités régionales. Si la criminalité transnationale constitue un défi mondial, ses manifestations et ses conséquences varient selon les territoires et les contextes sociaux. Les concertations régionales permettent ainsi aux pays de définir leurs priorités, de partager leurs expériences et de contribuer à l’élaboration des normes internationales.

Le deuxième axe porte sur l’inclusion de l’ensemble des parties prenantes. Pour Azzeddine Farhane, les gouvernements ne peuvent répondre seuls à la complexité des phénomènes criminels. La société civile, les chercheurs, les professionnels de terrain, les jeunes, le secteur privé et les communautés locales doivent être associés non seulement aux consultations, mais également à la conception et à la mise en œuvre des réponses.

Le troisième enseignement met en évidence la diversité régionale comme facteur d’enrichissement du dialogue multilatéral. Les différences historiques, institutionnelles et sociales entre les régions peuvent contribuer à l’émergence de priorités communes et à la construction de consensus internationaux, à condition de s’inscrire dans une dynamique de dialogue et de coopération.

Le quatrième axe concerne la continuité entre les consultations régionales, les négociations internationales et la mise en œuvre des engagements. Le diplomate a estimé que la Déclaration d’Abou Dhabi ne devait pas constituer une conclusion, mais plutôt le point de départ d’un processus de suivi et d’action.

Il a ainsi plaidé pour des mécanismes plus solides entre les différents Congrès des Nations Unies consacrés à la prévention du crime, afin de permettre aux acteurs régionaux et à la société civile de participer à l’application et à l’évaluation des engagements adoptés.

Une coopération renforcée face aux nouvelles formes de criminalité

Le cinquième enseignement porte sur la nécessité de traduire les partenariats institutionnels en actions concrètes. La diversification des menaces, allant de la criminalité organisée à la corruption, en passant par la cybercriminalité, la traite des êtres humains et les infractions facilitées par les nouvelles technologies, exige une coordination accrue entre les institutions nationales et internationales.

Dans ce contexte, Azzeddine Farhane a appelé à renforcer les interactions entre les gouvernements, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), la société civile, les milieux académiques et les autres partenaires concernés.

Il a également souligné l’importance d’assurer une meilleure complémentarité entre les instruments internationaux portant sur la criminalité transnationale organisée, la corruption, le terrorisme et les menaces connexes.

L’objectif, a-t-il insisté, consiste à transformer la coordination institutionnelle en coopération opérationnelle, puis en résultats tangibles au bénéfice des sociétés.

Des engagements internationaux aux résultats concrets pour les citoyens

En conclusion, le représentant marocain a rappelé que la réussite du Congrès ne saurait être appréciée uniquement à travers l’adoption de sa déclaration finale, mais également à l’aune de sa capacité à produire des changements concrets.

Il a notamment souligné l’importance de transformer les contributions régionales en engagements mondiaux, ces derniers en actions nationales, puis ces actions en progrès mesurables en matière de justice, de sécurité et de confiance des citoyens.

À travers cette intervention, le Maroc réaffirme ainsi sa volonté de contribuer à une gouvernance internationale de la prévention du crime et de la justice pénale reposant sur le dialogue, la responsabilité collective, le respect de la dignité humaine et une coopération adaptée aux réalités des sociétés.

Journal Likaa

Loading

Laisser un avis

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Termes des commentaires :

Derniers articles