« Hjira » remporte le Grand Prix du Festival de Salé : une consécration saoudienne au cœur d’un rendez-vous dédié au cinéma féminin

El azhar Bennouna Sanaa5 octobre 2026Dernière mise à jour :
« Hjira » remporte le Grand Prix du Festival de Salé : une consécration saoudienne au cœur d’un rendez-vous dédié au cinéma féminin

La 115289e édition du Festival international du film de femmes de Salé s’est achevée par le sacre du film saoudien « Hjira », réalisé par Shahad Amin, qui a remporté le Grand Prix de la compétition officielle des longs métrages. Cette édition a réuni des œuvres marocaines, arabes et internationales, mettant à l’honneur la création féminine, les questions liées aux femmes et la diversité des expériences cinématographiques.

Le film saoudien a été récompensé lors de la cérémonie de clôture, en présence de plusieurs personnalités du monde de l’art, de la culture et des médias. Le jury de la compétition officielle des longs métrages, présidé par la réalisatrice et productrice luxembourgeoise Bady Minck, a choisi « Hjira » parmi huit longs métrages en compétition pour le Grand Prix.

Le voyage d’une fille à la recherche de sa sœur

D’une durée de 115 minutes, « Hjira » raconte l’histoire de Jana, une fille de 12 ans qui se rend à La Mecque avec sa grand-mère et sa sœur aînée Sara afin d’accomplir le pèlerinage.

Mais la disparition de Sara bouleverse le cours du voyage et pousse Jana et sa grand-mère à entreprendre une recherche à travers plusieurs régions d’Arabie saoudite.

Au fil de ce périple, des secrets familiaux restés enfouis pendant des années sont progressivement révélés, faisant apparaître les traces de blessures profondes transmises d’une génération à l’autre.

Plusieurs prix pour célébrer la diversité des expériences cinématographiques

La compétition officielle a également récompensé plusieurs œuvres et talents. Le Prix du jury a été attribué au film « Everybody Loves Touda » de la réalisatrice marocaine Maryam Touzani, tandis que le film français « Shana » a reçu le prix du premier film.

Dans la catégorie des interprétations, les actrices Khaïria Nemsi et Lamar Faden se sont partagé le prix de la meilleure interprétation féminine pour leurs performances dans « Hjira ».

Le prix de la meilleure interprétation masculine a été attribué à l’acteur canadien Patrick Hivon pour son rôle dans « Peak Everything », écrit et réalisé par Anne Émond.

Le long métrage « The World of Love », de la réalisatrice sud-coréenne Yoon Ga-eun, a pour sa part reçu une mention spéciale du jury.

Une présence marocaine remarquée dans la compétition documentaire

Dans la catégorie documentaire, le prix du meilleur film a été décerné au documentaire marocain « Hors l’école », réalisé par Hind Benchekroun, tandis que le film documentaire « Woulobougou », de Kamy Farin, a reçu une mention spéciale.

Les catégories des courts et longs métrages ont également été marquées par une présence marocaine. Le film « Wcham Biza », réalisé et scénarisé par Fatima Zahra Oubaha, a remporté le prix du public jeune dans la catégorie des courts métrages.

Le réalisateur et scénariste marocain Alaa Akaboun a, quant à lui, été distingué pour son long métrage « 2 Souls », tandis que le film « Ici où il y a la bénédiction », de la réalisatrice et scénariste Zineb Zidan, a obtenu une mention spéciale.

Un prix mettant en avant les causes féminines

Parmi les distinctions spéciales, le Prix de l’autre rive a été attribué au film « Le Dernier choix », produit par Rachida Saadi. Cette distinction récompense une œuvre mettant particulièrement en avant le principe de parité, abordant les questions liées aux femmes et défendant leurs droits dans différents contextes.

Ces récompenses reflètent la vocation du festival, qui fait du cinéma un moyen de mettre en lumière les questions liées aux femmes, de valoriser les créations féminines et d’ouvrir le débat sur leur place et leur rôle dans différentes sociétés.

Des figures majeures du cinéma à l’honneur

La cérémonie de clôture a également été l’occasion de rendre hommage à la réalisatrice québécoise Anaïs Barbeau-Lavalette et à l’actrice marocaine Ibtissam Laaroussi, en reconnaissance de leurs parcours et de leurs contributions à la diversité du paysage cinématographique et télévisuel.

La soirée a également proposé une performance dansée de la compagnie Salma-Meryem Cheraïbi, dont la chorégraphie et la dynamique ont évoqué des notions liées à l’émancipation, à la force, à la sagesse et à la créativité des femmes.

Le cinéma québécois, invité d’honneur

Pour sa 19e édition, le festival avait choisi le cinéma québécois comme invité d’honneur, offrant au public marocain l’occasion de découvrir plusieurs œuvres et voix venues du Québec, notamment celles qui abordent les représentations des femmes, leurs problématiques et leurs interactions avec leur environnement social.

Cette édition revêtait également une dimension particulière puisqu’elle coïncidait avec la célébration par l’Association Bouregreg du 40e anniversaire de sa création, alors que le festival approche lui-même de ses vingt ans d’existence.

Un festival qui confirme son engagement en faveur du cinéma féminin

Organisé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à l’initiative de l’Association Bouregreg, le Festival international du film de femmes de Salé continue de consolider sa place comme rendez-vous cinématographique consacré à la création féminine.

Cette 19e édition a une nouvelle fois associé projections, rencontres et débats autour des questions liées aux femmes, tout en ouvrant sa programmation à des expériences cinématographiques venues de différentes régions du monde.

Avec le sacre de « Hjira », cette nouvelle édition s’achève en rappelant que le cinéma féminin ne se limite plus à raconter des histoires de femmes. Il constitue désormais un espace vaste pour interroger la société, la mémoire, la famille et les transformations humaines, à travers des regards artistiques pluriels qui dépassent les frontières géographiques et culturelles.

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