Le site historique d’Ajdir, dans la province de Khénifra, accueille la septième édition du Festival « Ajdir Izourane », dans le cadre de sa programmation automnale. L’événement propose un programme mêlant réflexion, arts et patrimoine, tout en plaçant la culture amazighe au cœur des débats sur le développement durable dans les zones montagneuses.
Organisée par la Fondation « Rouh Ajdir Atlas », sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cette manifestation se tient en partenariat avec le Conseil de la région Béni Mellal-Khénifra, le Conseil provincial et d’autres acteurs institutionnels. Elle s’inscrit dans une démarche visant à valoriser le patrimoine culturel local et à renforcer sa présence dans la vie publique.
Le discours d’Ajdir, une étape majeure dans la reconnaissance de l’amazighité
Cette édition revêt une importance particulière puisqu’elle coïncide avec la commémoration du 25ᵉ anniversaire du discours royal prononcé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI à Ajdir, le 17 octobre 2001. Cette intervention a constitué une étape décisive dans la reconnaissance de la culture et de la langue amazighes comme composantes fondamentales de l’identité nationale commune.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du gouverneur de la province de Khénifra, Mohamed Adel Ihourane, du président du Conseil provincial, Hamid El Babour, et du président de la Fondation « Rouh Ajdir Atlas », Mohamed Yassine, ainsi que d’élus, d’universitaires, de chercheurs et de personnalités civiles et militaires.
Hamid El Babour a souligné que la commémoration du discours d’Ajdir traduit une reconnaissance collective de son importance symbolique et historique. Il a également estimé que la participation de personnalités issues des milieux universitaire et culturel témoigne de l’intérêt croissant porté à l’amazighité et de la volonté commune de promouvoir cette composante de l’identité marocaine.
Il a ajouté que les rencontres intellectuelles organisées dans le cadre du festival offrent des occasions d’échange et de partage d’expériences, contribuant ainsi à dynamiser la scène culturelle amazighe et à préserver le patrimoine local.
De son côté, Mohamed Yassine a rappelé que l’évocation de cette étape historique souligne la responsabilité de toutes les composantes de la société dans la promotion de l’amazighité. Il a notamment mis en avant les progrès réalisés dans son intégration au système éducatif et dans l’espace public, tout en insistant sur la nécessité de poursuivre les efforts de valorisation de ce patrimoine et de consolidation des valeurs de tolérance et d’unité nationale.
Ahidous et anthologie de la chanson amazighe au cœur de l’ouverture
Sur le plan artistique, la cérémonie d’ouverture a été marquée par des prestations de groupes d’Ahidous, mettant à l’honneur la richesse du patrimoine musical du Moyen Atlas. Ces performances ont donné à l’événement une dimension festive, tout en rappelant les liens étroits entre la culture locale, la mémoire collective et les traditions de la région.
Un film documentaire retraçant les principaux moments de la précédente édition estivale a également été projeté. Le public a par ailleurs découvert une œuvre intitulée « Anthologie de la chanson amazighe du Moyen Atlas », produite par la Fondation avec le soutien du Conseil provincial de Khénifra. Ce projet vise à documenter une partie de la mémoire musicale régionale et à faire connaître son patrimoine artistique.
La cérémonie a également donné lieu à la remise de distinctions à plusieurs partenaires, ainsi qu’à un hommage rendu aux universitaires Mohamed Amoud, Mohamed Boukbot et Mustapha Idrissi, en reconnaissance de leurs contributions académiques dans les domaines de la recherche et du savoir.
Un programme associant recherche scientifique, arts et développement local
Le festival se poursuit sur deux jours à travers une programmation diversifiée réunissant activités universitaires, artistiques et sociales. Elle comprend notamment une conférence inaugurale consacrée au jubilé d’argent du discours d’Ajdir, ainsi que des débats autour du patrimoine immatériel et des moyens de le préserver et de le valoriser.
Le programme prévoit également des spectacles de Tbourida et des expositions consacrées à la promotion des produits du terroir. L’objectif est de rapprocher la célébration de l’identité culturelle du soutien aux initiatives locales et de la mise en valeur du potentiel économique de la région.
À travers la diversité de ses activités, le Festival « Ajdir Izourane » rappelle que la préservation du patrimoine ne consiste pas uniquement à évoquer le passé. Elle implique également de transmettre la mémoire culturelle aux nouvelles générations et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour faire de la culture un levier de développement durable, tout en renforçant le rayonnement de Khénifra et du Moyen Atlas
![]()




