Infrastructures, ressources humaines, numérisation : une refonte du système pour regagner la confiance des citoyens
Invité d’une émission spéciale diffusée lundi soir, le ministre de la Santé, Amine Tahraoui, a dévoilé les grandes lignes d’une réforme en profondeur du secteur de la santé. Entre promesses fermes, diagnostics lucides et réponses aux polémiques, le responsable a livré un message à la fois réaliste et résolument tourné vers l’action.
Un climat tendu après le drame d’Agadir
C’est par une annonce forte que le ministre a entamé son intervention : la transmission au parquet compétent du dossier relatif aux décès survenus à l’hôpital Hassan II d’Agadir, après des enquêtes internes. Les responsables identifiés ont été suspendus à titre conservatoire, en attendant les résultats des procédures judiciaires.
Cette démarche, selon Amine Tahraoui, incarne l’engagement du ministère à renforcer la transparence et la reddition des comptes dans le secteur public.
Doter chaque région d’un CHU : un objectif structurant
Déterminé à améliorer l’accès équitable aux soins, le ministre a annoncé la construction de Centres hospitaliers universitaires (CHU) dans toutes les régions du Royaume. Les projets d’Agadir et de Laâyoune avancent à un rythme satisfaisant.
Parallèlement, plus de 1.000 centres de santé de proximité ont été réhabilités sur les 1.400 programmés, avec un budget global de 6,4 milliards de dirhams. Le reste devrait être opérationnel d’ici fin 2026.
Ressources humaines : vers la fin d’un déficit chronique
La pénurie de professionnels de santé reste un défi majeur. Pour y faire face, le gouvernement a opté pour une augmentation de 20 % des effectifs étudiants en médecine et la réduction du cursus de 7 à 6 ans.
Les chiffres illustrent cette dynamique :
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300 médecins recrutés en 2023,
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400 en 2024,
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500 spécialistes supplémentaires attendus en 2025,
soit 1.200 nouveaux médecins spécialistes en trois ans.
Une santé publique modernisée et digitalisée
La numérisation du système de santé constitue un autre pilier central de la réforme. Le ministère pilote un projet national de dossier médical informatisé, déjà en phase pilote dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima.
Par ailleurs, la révision des anciens tarifs médicaux est en cours, de même que la mise en place d’une ordonnance électronique, qui facilitera l’accès aux médicaments sans lourdeurs administratives.
Une réforme systémique pour une nouvelle confiance
Amine Tahraoui a conclu son intervention par un appel à la patience et à l’engagement collectif.




