La 13e édition du Prix Tchicaya U Tam’si de la poésie africaine a couronné, jeudi, Tanella Boni, poétesse, romancière et philosophe ivoirienne, pour l’ensemble de son œuvre poétique engagée, lors d’une cérémonie organisée dans le cadre du 46e Moussem culturel international d’Assilah.
Ce prestigieux prix, créé en 1989 à la mémoire du grand poète congolais Tchicaya U Tam’si, vient saluer la richesse, la profondeur humaine et l’engagement intellectuel d’une figure majeure de la poésie africaine contemporaine. Le jury, présidé par Amadou Lamine Sall, a souligné la fécondité de la production poétique de Tanella Boni, sa rigueur esthétique et son ancrage dans les combats humanistes, en particulier pour la justice, la liberté et la dignité.
Une voix poétique singulière et engagée
Tanella Boni, née en 1954 à Abidjan, explore depuis plusieurs décennies des thèmes profonds : l’identité, la condition féminine, les mutations sociales du continent africain. À travers une langue poétique sobre et puissante, elle donne voix aux silences, aux oubliés, et construit une œuvre marquée par l’équilibre entre émotion et pensée.
Membre associé de l’Académie du Royaume du Maroc, ancienne présidente de l’Union des écrivains de Côte d’Ivoire, elle est aussi reconnue pour son engagement dans la promotion de la littérature africaine.
Hommages appuyés
Lors de la remise du prix, Hatim Betioui, secrétaire général de la Fondation du Forum d’Assilah, a salué « la finesse de la sensibilité poétique » de Tanella Boni et « la singularité de sa voix au sein de l’espace francophone africain ».
De son côté, Ghyslaine Derrous, représentante du ministère de la Culture, a évoqué « une architecte du verbe » et une « conscience éveillée », rappelant que « la poésie n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale ».
Tanella Boni, très émue, a exprimé sa gratitude et réaffirmé son attachement aux valeurs de solidarité, de fraternité et de dignité humaine, qu’elle s’efforce de porter à travers sa poésie.
Le Moussem d’Assilah, carrefour de la poésie africaine
Cette cérémonie, rehaussée par la présence de nombreuses personnalités intellectuelles, diplomatiques et culturelles, a également été marquée par une visite symbolique au jardin Tchicaya U Tam’si, au cœur d’Assilah.
Le Prix Tchicaya U Tam’si, décerné tous les trois ans, s’est imposé comme l’une des plus hautes distinctions poétiques du continent. Il a été remis par le passé à des figures illustres comme Édouard Maunick, Mazisi Kunene, Abdelkarim Tabbal, ou encore Amadou Lamine Sall.
Avec cette distinction, Tanella Boni devient la deuxième poétesse ivoirienne à recevoir ce prix, consolidant sa place parmi les grandes voix de la poésie africaine.




