L’ancien président brésilien conteste sa lourde peine pour tentative de coup d’État et dénonce les « contradictions » de la Cour suprême.
Un recours contre une condamnation historique
Jair Bolsonaro, ancien président du Brésil et figure de l’extrême droite, a officiellement déposé un recours en appel contre sa condamnation à 27 ans de prison. Cette peine, prononcée le 11 septembre 2025 par la Cour suprême, sanctionne son rôle dans une tentative présumée de coup d’État à l’issue de l’élection présidentielle de 2022, qu’il avait perdue face à Luiz Inácio Lula da Silva.
Dans le document transmis lundi 27 octobre, la défense de Bolsonaro demande à la Cour de « corriger les ambiguïtés, omissions, contradictions et obscurités » relevées dans la décision initiale. L’ancien chef de l’État, âgé de 70 ans, demeure pour l’heure assigné à résidence.
Un procès aux allures de tournant politique
Le verdict de septembre avait marqué un tournant dans l’histoire politique brésilienne. Les juges avaient estimé que Bolsonaro était le chef d’une organisation criminelle ayant planifié une stratégie de déstabilisation des institutions démocratiques afin de se maintenir au pouvoir, quel que soit le résultat du scrutin de 2022.
Cette affaire a profondément divisé le pays. Les partisans de Bolsonaro y voient une poursuite politique, tandis que ses opposants saluent un acte de justice et de défense de la démocratie après les événements survenus à Brasilia, où des milliers de manifestants avaient envahi les sièges du pouvoir en janvier 2023.
Une bataille judiciaire aux répercussions internationales
Les avocats de l’ex-président ont confirmé leur intention de porter le dossier devant les instances internationales, dénonçant un procès « partial » et « motivé par des considérations politiques ». Bolsonaro, de son côté, continue de clamer son innocence et affirme avoir agi « dans le respect de la Constitution ».
Le ministère public brésilien, quant à lui, défend la solidité du dossier et rappelle que la condamnation repose sur des preuves matérielles et des témoignages concordants, notamment ceux de proches collaborateurs de l’ex-président.
Un avenir politique compromis
Cette condamnation, même en attente de décision définitive, écarte Jair Bolsonaro de toute vie politique active pour plusieurs années. Déjà déclaré inéligible jusqu’en 2030 pour abus de pouvoir, il voit ses espoirs d’un retour sur la scène politique fortement compromis.
Son appel sera examiné dans les prochaines semaines par la Cour suprême, mais quel qu’en soit le résultat, ce dossier reste un symbole de la fragilité démocratique d’un Brésil toujours marqué par les tensions entre justice, politique et opinion publique.




