L’instance onusienne condamne les attaques contre les civils et appelle à lever le siège imposé depuis plus de 500 jours
Face à la dégradation dramatique de la situation humanitaire à El Fasher, le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé à une cessation immédiate des combats au Soudan.
Dans une déclaration adoptée jeudi à New York, les quinze membres du Conseil ont unanimement condamné l’assaut mené par les Forces d’appui rapide (RSF) contre cette ville de l’ouest soudanais, et exigé la levée du siège qui l’étouffe depuis plus d’un an et demi.
Une condamnation ferme des attaques contre les civils
Le communiqué du Conseil de sécurité dénonce avec force les “atrocités commises contre les civils” et les conséquences humanitaires désastreuses du blocus imposé à El Fasher.
Les Nations Unies ont rappelé la résolution 2736 (2024), qui enjoint les RSF à lever le siège de la ville et à cesser immédiatement les hostilités.
Les diplomates ont souligné que les responsables des violations des droits humains devront répondre de leurs actes, insistant sur la nécessité d’une justice impartiale pour les victimes du conflit.
Un appel à la protection du personnel humanitaire
Le Conseil a également exigé que les travailleurs humanitaires soient protégés et que leurs activités puissent s’effectuer “en toute sécurité et sans entrave”.
Les combats autour d’El Fasher compliquent en effet l’acheminement de l’aide vitale — nourriture, eau et soins médicaux — vers des milliers de familles piégées dans la ville.
Les membres du Conseil ont exhorté les parties en conflit à garantir l’accès humanitaire total et immédiat afin d’éviter une catastrophe de grande ampleur.
Un processus politique toujours en suspens
Depuis le déclenchement du conflit en avril 2023 entre l’armée soudanaise et les Forces d’appui rapide, le pays s’enfonce dans une spirale de violence.
Le Conseil de sécurité réaffirme qu’une solution durable ne peut être que politique, appelant les belligérants à reprendre sans délai les pourparlers pour instaurer un cessez-le-feu global et inclusif.
Les membres de l’ONU ont en outre réitéré leur attachement à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale du Soudan, rejetant toute tentative de création d’autorité parallèle dans les zones contrôlées par les RSF.
Une ville symbole d’un conflit sans issue
El Fasher, capitale du Darfour-Nord, est devenue le dernier bastion tenu par l’armée régulière dans la région.
Soumise à un siège impitoyable, la ville est le théâtre de combats intenses, de pénuries extrêmes et d’un exode massif de civils.
Malgré les appels répétés de la communauté internationale, le conflit continue de plonger des millions de Soudanais dans une crise humanitaire majeure, considérée par les agences de l’ONU comme l’une des pires au monde.




