Symbole du vivre-ensemble et de la mémoire partagée, le Festival des Andalousies Atlantiques réunit à Essaouira artistes, traditions et sensibilités du monde entier autour d’un même héritage musical.
Sous le souffle des alizés, Essaouira s’est embrasée, jeudi soir, au rythme des premières notes de la 20ᵉ édition du Festival des Andalousies Atlantiques. Événement emblématique porté par l’Association Essaouira-Mogador, cette rencontre unique au monde célèbre, depuis deux décennies, le dialogue entre les cultures, la transmission d’un patrimoine séculaire et l’universalité de la musique andalouse.
Vingt ans d’un héritage vivant
Depuis sa création, le Festival des Andalousies Atlantiques est devenu bien plus qu’un rendez-vous musical : il incarne une philosophie, celle d’un Maroc pluriel, ouvert et fier de ses racines.
L’édition 2025, inaugurée en présence du Conseiller de S.M. le Roi et président fondateur de l’Association Essaouira-Mogador, André Azoulay, marque un jalon symbolique : vingt années d’un parcours artistique et humain exemplaire, consacré à la préservation d’un héritage judéo-musulman commun et à la transmission intergénérationnelle.
Dans son discours d’ouverture, Kaoutar Chakir Benamara, secrétaire générale de l’Association, a rappelé que le festival est « un pont vivant entre les civilisations, un espace où les mémoires se rencontrent et se réinventent ».
Cette édition, placée sous le signe de la pérennité, met en lumière la rencontre entre les jeunes talents et les maîtres de la musique andalouse, dans un esprit de continuité et de partage.
Une ouverture magistrale sous le signe de la communion
Sur la scène principale, l’Orchestre Mohamed Larbi Lamrabet de Tanger, dirigé par le Maestro Mohamed Laroussi, a ouvert la soirée par une pièce d’introduction d’une intensité rare, avant d’être rejoint par Hanae Touk, Dalila Meksoub, Souhaila Sahraoui et Hicham Dinar.
Leur interprétation des grands classiques d’ »Al Ala », issus des écoles de Tétouan, Fès, Tanger, Marrakech, Chefchaouen et Ouezzane, a conquis un public venu nombreux.
Les artistes ont également rendu hommage à Abdessadek Chekara, figure emblématique de la musique arabo-andalouse, revisitant ses œuvres avec émotion et virtuosité.
« Essaouira demeure un espace unique où les musiciens peuvent dialoguer, créer et transmettre », confie le Maestro Laroussi, saluant « le rôle pionnier de l’Association Essaouira-Mogador dans la valorisation des musiques du patrimoine marocain ».
Essaouira, l’âme du Maroc pluriel
Au-delà de la musique, le Festival des Andalousies Atlantiques incarne la vocation profonde d’Essaouira : celle d’une ville carrefour des cultures, laboratoire vivant du dialogue et du respect mutuel.
Chaque note, chaque voix, chaque rencontre rappelle qu’ici, le patrimoine n’est pas un souvenir, mais une promesse : celle d’un futur où la diversité est force et la mémoire, un horizon commun.




