Dans le Moyen Atlas, le projet FERMA mise sur les femmes pour restaurer les forêts et renforcer la résilience climatique

El azhar Bennouna Sanaa21 novembre 2025Dernière mise à jour :
Dans le Moyen Atlas, le projet FERMA mise sur les femmes pour restaurer les forêts et renforcer la résilience climatique

Porté par Socodevi et soutenu par l’UICN, le projet s’appuie sur les solutions fondées sur la nature et le leadership féminin pour revitaliser les écosystèmes du Parc National de Khénifra.


Au cœur des montagnes du Moyen Atlas, un projet innovant place les femmes rurales au centre de la restauration forestière et de l’adaptation climatique. Le projet FERMA — Femmes Résilientes au Moyen Atlas — entend renforcer la gestion durable des ressources forestières tout en revitalisant les écosystèmes fragilisés par la dégradation des terres et le changement climatique.


Un projet au croisement de l’inclusion sociale et de la restauration écologique

Dans le Parc National de Khénifra, zone emblématique pour sa biodiversité et ses services écosystémiques, FERMA vise à conjuguer résilience écologique, développement local et gouvernance équitable.
Porté par Socodevi, et appuyé par le Centre de Coopération pour la Méditerranée de l’UICN (UICN Med) en partenariat avec l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF), le projet mise sur une approche intégrée : soutenir les femmes rurales — notamment les jeunes — tout en renforçant la capacité des forêts à résister aux pressions climatiques.

Les paysages forestiers du Moyen Atlas jouent un rôle crucial dans la protection des sols, la régulation du climat et le maintien des moyens de subsistance des communautés locales. Mais ces écosystèmes, fragilisés par la dégradation des terres, l’exploitation excessive et les effets du changement climatique, nécessitent une intervention structurée et inclusive.


Solutions fondées sur la nature et diversification des revenus

FERMA s’appuie sur les solutions fondées sur la nature (SfN) pour restaurer les forêts et gérer durablement les ressources naturelles.
L’un des piliers du projet consiste à valoriser les produits forestiers non ligneux — plantes aromatiques et médicinales, miel, champignons, etc. — afin de diversifier les revenus des familles rurales et réduire leur vulnérabilité économique.

Cette approche vise à concilier conservation et développement, en faisant des communautés les actrices principales de la résilience écologique.


Les femmes au centre de la gouvernance forestière

Le projet place clairement les femmes au cœur de son action. En renforçant les coopératives féminines autour du Parc National de Khénifra, FERMA souhaite améliorer l’accès à la formation, aux outils de gestion durable et aux opportunités économiques.

L’objectif est double :

  • renforcer leur autonomie économique,

  • consolider leur rôle dans la gouvernance locale, notamment dans la planification forestière et la gestion des ressources.

Cette démarche répond à une réalité bien connue des zones rurales marocaines : les femmes participent activement à la collecte, la transformation et la conservation des ressources naturelles, mais demeurent souvent sous-représentées dans les instances de décision.


Le rôle structurant de l’UICN : restauration, planification et gestion des aires protégées

Avec son intégration récente au partenariat de FERMA, l’UICN vient renforcer la dimension scientifique et méthodologique du projet. Son action repose sur trois axes majeurs :

  1. Promouvoir les solutions fondées sur la nature dans la restauration des paysages forestiers, en accompagnant les initiatives menées par les femmes.

  2. Renforcer les capacités des acteurs publics et associatifs via la méthodologie ROAM (Restoration Opportunity Assessment Methodology), un outil international pour identifier les meilleures opportunités de restauration.

  3. Évaluer et soutenir la gestion du Parc National de Khénifra dans le cadre de la Liste Verte de l’UICN, qui distingue les aires protégées bien gérées et équitables.

Ces contributions permettront de structurer une approche cohérente, participative et alignée sur les standards internationaux de conservation.


Un projet aligné avec les engagements nationaux et internationaux

FERMA s’inscrit dans les engagements du Maroc pour la restauration des écosystèmes, en phase avec la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes et les initiatives méditerranéennes en faveur de la résilience climatique.

En misant sur le leadership féminin, la gouvernance locale et les solutions fondées sur la nature, le projet contribue à renforcer la durabilité des forêts du Moyen Atlas tout en offrant de nouvelles perspectives de développement aux communautés rurales.

Laisser un avis

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Termes des commentaires :

Derniers articles