Un vaste programme prévoit la formation de 5.000 agents chargés d’assurer la sécurité dans la bande de Gaza une fois le conflit terminé.
Alors que les habitants commencent à revenir dans une bande de Gaza meurtrie par la guerre, l’Égypte poursuit la formation de centaines de policiers palestiniens en prévision de la mise en place d’une force de maintien de l’ordre après le conflit. Ce programme, qui vise à former 5.000 agents, s’inscrit dans un plan plus large de réorganisation sécuritaire approuvé par les mouvements palestiniens, l’Autorité palestinienne et plusieurs partenaires internationaux.
Une préparation active pour la sécurité post-conflit
Selon un responsable palestinien cité par l’AFP, l’Égypte accueille actuellement plusieurs vagues de policiers palestiniens venus suivre une formation de deux mois. Après une première session organisée en mars pour plus de 500 stagiaires, de nouveaux groupes ont été pris en charge depuis septembre au Caire.
L’objectif est clair : constituer une force de sécurité professionnelle, palestinienne et gazaouie, capable d’assurer l’ordre une fois la guerre terminée.
Une formation opérationnelle et politique
Les policiers reçoivent une formation diversifiée incluant :
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surveillance des frontières,
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sécurité intérieure,
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gestion des crises,
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enseignements sur les conséquences de l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 et sur ses répercussions pour la cause palestinienne,
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un volet politique affirmant le rôle de l’OLP comme représentant légitime des Palestiniens.
Vers une future force de 10.000 policiers à Gaza
Les discussions entre l’Égypte, le Hamas, le Fatah et d’autres factions palestiniennes en 2024 ont acté le principe d’une force de 10.000 policiers pour administrer la bande de Gaza après la guerre :
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5.000 policiers formés par l’Égypte,
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5.000 issus de la police actuellement en place à Gaza, relevant du Hamas depuis 2007.
Cette force sera supervisée par un comité de technocrates, validé par l’ensemble des mouvements palestiniens, et chargé de gérer la transition administrative dans le territoire.
Un dispositif soutenu par la communauté internationale
Ce programme s’inscrit également dans le cadre :
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du plan américain porté par la présidence Trump, à l’origine du fragile cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre,
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de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU du 17 novembre, prévoyant le déploiement d’une force internationale chargée notamment de la démilitarisation de Gaza et de la sécurisation des frontières,
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de la volonté de l’Union européenne de former jusqu’à 3.000 policiers supplémentaires, comme elle le fait déjà en Cisjordanie depuis 2006.
Une étape cruciale dans un contexte d’incertitude
Cette structuration progressive de la sécurité à Gaza reflète une réalité incontournable : l’après-guerre ne pourra se concevoir sans une force locale crédible, soutenue par des partenaires régionaux et internationaux.
Alors que la reconstruction, la gouvernance et le maintien de l’ordre restent des défis immenses, la formation de ces policiers représente l’un des premiers jalons concrets d’un futur plus stable pour la population de Gaza.




