Face à une crise hydrique persistante, alimentée par la sécheresse, l’irrégularité des pluies et la pression croissante sur les ressources souterraines, le Maroc se voit contraint de revoir en profondeur sa gestion des eaux. Le constat est clair : les nappes phréatiques superficielles sont surexploitées, parfois illégalement, tandis que les nappes profondes — longtemps préservées — deviennent aujourd’hui une piste de secours.
Des nappes superficielles sous tension
La pénurie d’eau de surface, liée à des barrages moins alimentés et à des précipitations insuffisantes, a entraîné un recours massif aux nappes souterraines.
Conséquences :
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baisse des niveaux dans plusieurs bassins hydrauliques,
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dégradation de la qualité, avec une salinisation croissante,
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pression extrême dans les zones rurales, où ces nappes fournissent plus de 90 % de l’eau potable.
À cette situation s’ajoute la prolifération de forages illégaux, notamment dans des régions agricoles comme Taroudant, où certains exploitants pompent sans autorisation, participant dangereusement à l’épuisement des nappes. Les autorités rappellent d’ailleurs que ces pratiques exposent leurs auteurs à des sanctions judiciaires.
Explorer les nappes profondes : une nouvelle orientation
Pour faire face à l’urgence, le Maroc a engagé un changement stratégique majeur : l’exploration des nappes profondes, à plus de 1000 mètres de profondeur, principalement dans les provinces du Sud.
Objectif : identifier des réserves moins salées, de meilleure qualité, et susceptibles de répondre aux besoins grandissants.
Ce choix marque une rupture. Jusqu’ici, les nappes profondes, souvent fossiles — donc non renouvelables —, étaient préservées comme réserve stratégique. Le pays n’avait pas mené de sondages systématiques, préférant éviter une exploitation pouvant fragiliser ces ressources.
Mais la gravité de la crise pousse aujourd’hui à explorer ces possibilités, malgré :
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la complexité technique des forages,
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leur coût élevé,
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le risque d’une exploitation énergivore nécessitant des systèmes de pompage puissants.
Une amélioration contrastée selon les régions
Selon plusieurs rapports hydrauliques récents, la situation montre certains signes d’amélioration locale : dans quelques zones, les nappes phréatiques enregistrent une stabilisation ou un léger regain, grâce aux pluies de fin de saison ou aux restrictions d’usage.
Mais ailleurs, la pression reste très forte. L’irrégularité climatique, les sécheresses à répétition et la persistance de la surexploitation — notamment agricole — continuent d’aggraver la baisse des ressources.
Dans le Sud en particulier, avertit Medias24, une utilisation trop intensive des nappes locales pourrait conduire à un risque d’épuisement irréversible si aucune régulation stricte n’est imposée.
Un tournant hydrique majeur
Entre la lutte contre les forages illégaux, la nécessité d’un encadrement plus strict des prélèvements agricoles, et l’exploration de nappes jusqu’ici épargnées, le Maroc se trouve à un moment charnière.
La stratégie en cours combine urgence et long terme :
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préserver les ressources existantes,
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sécuriser de nouvelles sources d’eau,
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accélérer la transition vers une gestion plus durable et contrôlée.




