Lutte antiterroriste : Maroc, France, Espagne et Belgique renforcent leur coopération judiciaire à Rabat

El azhar Bennouna Sanaa12 décembre 2025Dernière mise à jour :
Lutte antiterroriste : Maroc, France, Espagne et Belgique renforcent leur coopération judiciaire à Rabat

Une réunion quadripartite à haut niveau pour harmoniser les stratégies, accélérer les échanges d’informations et faire face à l’évolution des menaces terroristes.


Réunis à Rabat, les chefs des parquets spécialisés en matière de terrorisme du Maroc, de France, d’Espagne et de Belgique ont renouvelé leur engagement à renforcer leur coopération dans le cadre de l’Accord quadripartite. À travers une coordination accrue, un échange d’informations plus rapide et une approche globale de prévention, les quatre pays entendent répondre efficacement à la sophistication croissante des menaces terroristes.


Une coopération d’exception pour faire face à un phénomène transnational

Dans son allocution d’ouverture, Hicham Balaoui, procureur général du Roi près la Cour de cassation et président du Ministère public, a souligné que l’Accord quadripartite constitue un partenariat « exceptionnel » et parfaitement aligné avec les principes de la Stratégie mondiale de lutte contre le terrorisme.
Face à un crime en constante mutation, dont les méthodes se sophistiquent et les réseaux s’internationalisent, il a insisté sur la nécessité de consolider cette coopération, aucun pays ne pouvant affronter seul un phénomène aussi complexe.

Pour M. Balaoui, la coopération judiciaire doit évoluer au même rythme que les menaces, notamment grâce à :

  • L’échange rapide et sécurisé des données disponibles,

  • La coordination des enquêtes transfrontalières,

  • La mobilisation des mécanismes prévus par les législations nationales et internationales,

  • La neutralisation des refuges potentiels des groupes extrémistes.


Une plateforme quadripartite désormais incontournable

M. Balaoui a mis en avant le rôle central de la commission quadripartite, qui facilite depuis sa création la communication entre les parquets des quatre pays via des juges de liaison.
Cette initiative a permis :

  • Le partage des législations et jurisprudences pertinentes ;

  • L’analyse coordonnée des affaires communes ;

  • Le suivi en temps réel des menaces émergentes ;

  • Une meilleure application des accords de coopération judiciaire.

Cette dynamique s’est traduite par une accélération du traitement des demandes de coopération et une réduction notable des délais d’échange d’informations.


Des défis renouvelés : combattants étrangers et cybersphère

Malgré les avancées significatives, les intervenants ont rappelé que les menaces évoluent rapidement.
Parmi les défis majeurs :

  • La question des combattants terroristes étrangers, aux ramifications idéologiques et organisationnelles complexes ;

  • L’utilisation stratégique des réseaux sociaux comme espace de propagande, d’incitation et de mobilisation clandestine.

Selon M. Balaoui, les groupes extrémistes exploitent la puissance de la communication numérique pour agir secrètement, cibler un large public et contourner les dispositifs classiques de surveillance.


Une coopération fondée sur la confiance et le dialogue continu

Les procureurs européens présents ont également salué la qualité de la coopération avec le Maroc.

  • Ann Fransen, procureure fédérale belge, a insisté sur la nécessité d’une collaboration intégrée entre autorités judiciaires, services de police et renseignements, fondée sur la confiance mutuelle.

  • Olivier Christen, procureur antiterroriste français, a qualifié la collaboration quadripartite d’« exceptionnelle », tout en rappelant la nécessité de maintenir un dialogue permanent.

  • Jesús Alonso Cristóbal, procureur espagnol, a souligné que « le repli sur soi n’est pas une option », plaidant pour un renforcement continu de la coopération multilatérale.


Vers une stratégie commune renforcée

Cette réunion s’inscrit dans une série d’échanges réguliers qui visent à ajuster les dispositifs de lutte antiterroriste et à anticiper les mutations du phénomène.
Les discussions ont porté sur les évolutions législatives, les défis opérationnels et les voies de consolidation des mécanismes de coopération, dans le but de bâtir une stratégie commune, efficace et adaptée aux nouvelles réalités sécuritaires.

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