Finances publiques : le déficit budgétaire atteint 68,8 MMDH à fin novembre au Maroc

El azhar Bennouna Sanaa16 décembre 2025Dernière mise à jour :
Finances publiques : le déficit budgétaire atteint 68,8 MMDH à fin novembre au Maroc

En hausse sensible par rapport à l’an dernier, le déficit du Trésor reflète les tensions persistantes sur les finances publiques, malgré l’apport positif des comptes spéciaux et des services autonomes de l’État.


Un déficit en nette progression sur un an

La situation des charges et ressources du Trésor fait apparaître un déficit budgétaire de 68,8 milliards de dirhams (MMDH) à fin novembre 2025, contre 45,7 MMDH à la même période en 2024, selon les données publiées par la Trésorerie générale du Royaume (TGR). Cette évolution traduit un creusement significatif du solde budgétaire, dans un contexte marqué par des besoins de financement élevés et des engagements publics soutenus.

Ces chiffres sont issus du Bulletin mensuel de statistiques des finances publiques (BMSFP), qui constitue une référence en matière de suivi de l’exécution budgétaire de l’État.


Le rôle modérateur des comptes spéciaux du Trésor

La TGR précise que ce déficit tient compte d’un solde positif de 10,6 MMDH dégagé par les comptes spéciaux du Trésor (CST) ainsi que par les services de l’État gérés de manière autonome (SEGMA). Ces entités jouent un rôle d’amortisseur budgétaire, en contribuant partiellement à la limitation du déficit global.

Les CST, souvent mobilisés pour financer des politiques sectorielles ou des programmes spécifiques, continuent ainsi d’apporter une marge de manœuvre appréciable dans la gestion des équilibres financiers de l’État.


Des finances publiques sous pression

L’aggravation du déficit budgétaire s’inscrit dans un contexte économique et social exigeant, marqué par la poursuite des dépenses publiques, notamment dans les secteurs sociaux, les investissements structurants et le soutien à certains équilibres économiques. Elle reflète également les arbitrages opérés par les pouvoirs publics pour accompagner la croissance et préserver le pouvoir d’achat, tout en faisant face à des contraintes budgétaires accrues.

Cette situation souligne l’importance de maintenir un équilibre délicat entre maîtrise des dépenses, mobilisation des ressources et soutien à l’activité économique.


Enjeux et perspectives pour la fin de l’exercice

À l’approche de la clôture de l’exercice budgétaire, l’évolution du déficit sera scrutée de près par les acteurs économiques et financiers. La capacité de l’État à contenir le creusement du solde budgétaire, tout en poursuivant ses priorités stratégiques, constituera un indicateur clé de la soutenabilité des finances publiques.

Dans ce contexte, la poursuite des réformes budgétaires, l’optimisation des recettes et l’amélioration de l’efficacité de la dépense publique apparaissent comme des leviers essentiels pour renforcer la résilience financière du Royaume à moyen et long terme.

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