Eau, énergie et reconstruction post-séisme au cœur d’un partenariat renforcé avec l’Union européenne
Avec 740 millions d’euros de prêts signés en 2025, contre 500 millions l’année précédente, la Banque européenne d’investissement (BEI) enregistre un niveau d’engagement inédit au Maroc. Cette performance historique, portée par cinq opérations majeures, illustre l’approfondissement du partenariat stratégique entre le Royaume et l’Union européenne, autour de priorités communes : sécurité hydrique, transition énergétique et reconstruction durable après le séisme de 2023.
Une progression spectaculaire des financements en 2025
L’année 2025 marque un tournant dans la relation financière entre le Maroc et la Banque européenne d’investissement. Avec une hausse de près de 50 % des prêts signés par rapport à 2024, la BEI confirme la place du Royaume parmi ses partenaires les plus dynamiques dans le voisinage sud de l’Union européenne.
Ces 740 millions d’euros ont été mobilisés à travers cinq opérations structurantes, ciblant des secteurs considérés comme vitaux pour la résilience économique et sociale du pays. Cette montée en puissance traduit une confiance renouvelée de l’institution européenne dans la capacité du Maroc à porter des projets d’envergure, alignés sur les standards internationaux en matière de durabilité et de gouvernance.
L’eau potable, priorité stratégique face au stress hydrique
Le premier financement de l’année, d’un montant de 70 millions d’euros, a été accordé en mai 2025 à l’ONEE – Branche Eau. Il vise à renforcer la résilience des infrastructures d’eau potable, dans un contexte marqué par une pression croissante sur les ressources hydriques.
Ce prêt permettra de moderniser les systèmes de production et de transport d’eau, en particulier dans les petites et moyennes villes ainsi que les zones rurales. L’opération s’inscrit dans le cadre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (PNAEPI 2020-2027), pilier du Partenariat vert Maroc–Union européenne. À moyen terme, l’objectif est clair : sécuriser l’accès à l’eau tout en améliorant l’efficacité et la durabilité des réseaux.
Accélération de la transition énergétique du Royaume
Un second financement, plus conséquent, de 170 millions d’euros, a été signé le même mois avec l’ONEE – Branche Électricité. Il est destiné à accompagner l’intégration massive des énergies renouvelables dans le réseau électrique national.
Soutenu par un cofinancement de 130 millions d’euros de la banque allemande KfW, ce programme renforce le rôle de l’ONEE en tant que gestionnaire du système électrique. Il répond à un double impératif : absorber une part croissante d’électricité verte et garantir la stabilité du réseau. Cette opération s’inscrit pleinement dans les engagements climatiques du Maroc, reconnu comme l’un des pays les plus avancés de la région en matière de transition énergétique.
Reconstruction post-séisme : 500 millions d’euros pour rebâtir durablement
Les trois dernières opérations, totalisant 500 millions d’euros, sont consacrées à la reconstruction des zones touchées par le séisme du 8 septembre 2023. Elles correspondent à la seconde tranche du programme d’un milliard d’euros engagé par la BEI en soutien au Maroc, avec la garantie de l’Union européenne.
Cette enveloppe se répartit entre 230 millions d’euros pour les infrastructures routières, 200 millions pour le secteur de l’Éducation et 70 millions pour la Santé. Au-delà de la remise à niveau des équipements publics essentiels, ces financements intègrent des normes sismiques renforcées et des solutions énergétiques durables, traduisant une approche de reconstruction orientée vers la résilience à long terme.
Un partenariat appelé à se renforcer
Avec près de 10 milliards d’euros de financements cumulés depuis 1979, la BEI s’impose comme un partenaire financier de premier plan pour le Maroc. Fait notable, plus de 2 milliards d’euros ont été engagés sur les quatre dernières années seulement, soit une moyenne annuelle de 500 millions d’euros, en nette accélération par rapport aux décennies précédentes.
Cette dynamique pourrait encore s’intensifier. Le Maroc figure notamment parmi les pays éligibles à une nouvelle initiative régionale de la BEI de 1,1 milliard d’euros en faveur des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), avec un accent particulier sur la transition écologique et la croissance inclusive.
À l’horizon des prochaines années, la trajectoire est claire : le Maroc s’affirme comme un partenaire stratégique crédible et structurant pour l’Union européenne, tandis que la BEI consolide son rôle de catalyseur du développement durable du Royaume.




