L’industrie marocaine franchit le cap des 900 milliards de dirhams et s’affirme sur le marché chinois

El azhar Bennouna Sanaa9 janvier 2026Dernière mise à jour :
L’industrie marocaine franchit le cap des 900 milliards de dirhams et s’affirme sur le marché chinois

Ryad Mezzour plaide pour un renforcement de la marque, de l’innovation et de la logistique afin de consolider la compétitivité internationale du Royaume


L’industrie marocaine poursuit sa montée en puissance. Avec une valeur de production estimée à 900 milliards de dirhams et des exportations atteignant 400 milliards, le secteur s’impose comme un pilier stratégique de l’économie nationale. Devant la Chambre des représentants, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a mis en lumière les acquis, tout en appelant à une nouvelle étape axée sur la marque, la créativité et la performance logistique, notamment face aux marchés exigeants comme la Chine.


Une industrie au cœur de la transformation économique

Les chiffres avancés par le ministre traduisent une réalité désormais bien établie : l’industrie marocaine n’est plus un simple levier d’appoint, mais un moteur structurant de croissance. La contribution de 900 milliards de dirhams à l’économie nationale témoigne de la diversification progressive du tissu productif, portée par des secteurs clés tels que l’automobile, l’aéronautique, l’agro-industrie, le textile à valeur ajoutée et les industries chimiques.

Avec 400 milliards de dirhams d’exportations, le Maroc confirme également son intégration dans les chaînes de valeur mondiales, renforçant sa position de plateforme industrielle et commerciale entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie.


Une présence stratégique sur le marché chinois

La référence explicite à la Chine n’est pas anodine. Marché vaste, compétitif et technologiquement avancé, il constitue à la fois un défi et une opportunité. La présence affirmée de produits industriels marocains en Chine reflète un changement d’échelle : le Royaume ne se limite plus à des débouchés traditionnels, mais s’ouvre à des marchés à forte intensité concurrentielle.

Cette orientation stratégique traduit une ambition claire : positionner le “Made in Morocco” comme une offre crédible, fiable et compétitive, capable de répondre aux standards internationaux les plus élevés.


Marque, créativité et logistique : les nouveaux leviers de compétitivité

Au-delà des performances chiffrées, Ryad Mezzour a insisté sur les priorités à venir. Le renforcement de la marque marocaine apparaît comme un enjeu central. Dans un environnement mondialisé, la compétitivité ne repose plus uniquement sur les coûts, mais sur l’image, la différenciation et la capacité à raconter une histoire industrielle cohérente.

La créativité et le marketing deviennent ainsi des facteurs déterminants, notamment pour conquérir et fidéliser des marchés lointains. Parallèlement, l’amélioration continue des performances logistiques — ports, transport, délais, digitalisation — s’impose comme une condition essentielle pour soutenir la croissance des exportations.


Un accompagnement élargi à toutes les entreprises

Le ministre a par ailleurs souligné que l’action publique ne se limite pas aux grands groupes. Les petites et moyennes entreprises, tout comme les investisseurs étrangers, bénéficient de dispositifs de soutien couvrant les aspects administratifs, financiers et des ressources humaines.

Cette approche inclusive vise à renforcer la résilience du tissu industriel national, à favoriser l’émergence de champions locaux et à encourager l’investissement productif, dans une logique de création d’emplois durables et de montée en compétences.


Perspectives : consolider les acquis et préparer l’avenir

À l’horizon des prochaines années, le défi majeur consistera à transformer ces performances en croissance durable et qualitative. Cela implique une accélération de l’innovation, une meilleure valorisation du capital humain et une intégration accrue des PME dans les chaînes de valeur internationales.

Dans un contexte mondial marqué par les recompositions industrielles et les tensions géoéconomiques, l’industrie marocaine dispose d’atouts solides. La stratégie évoquée par Ryad Mezzour esquisse ainsi une trajectoire réaliste et ambitieuse : consolider les acquis, tout en préparant une industrie plus créative, plus visible et plus compétitive à l’échelle mondiale.

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