Paris paralysée par 350 tracteurs : colère des agriculteurs contre l’accord UE-Mercosur

El azhar Bennouna Sanaa13 janvier 2026Dernière mise à jour :
Paris paralysée par 350 tracteurs : colère des agriculteurs contre l’accord UE-Mercosur

Une mobilisation massive pour défendre la souveraineté alimentaire et les revenus agricoles


Mardi 13 janvier 2026, environ 350 tracteurs ont envahi les rues de Paris, provoquant des perturbations importantes dans la capitale. La Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA) et les Jeunes Agriculteurs dénoncent la baisse des revenus agricoles et s’opposent fermement à l’accord commercial UE-Mercosur, dont la signature finale est prévue samedi au Paraguay.


Une action spectaculaire au cœur de la capitale

Dès 6 heures du matin, les tracteurs ont pénétré à Paris par la Porte Dauphine et ont remonté l’avenue Foch en direction de l’Arc de Triomphe, avant de parcourir les Champs-Élysées et l’avenue George-V, puis de traverser le pont de l’Alma pour se rassembler quai d’Orsay. Les axes stratégiques, dont le pont de la Concorde et le Quai d’Orsay, ont été fermés à la circulation.

Les slogans sont sans équivoque : « Pas de pays sans paysan » ou encore « pas de paysan => pas d’alimentation ». Les agriculteurs souhaitent alerter sur l’impact de l’accord UE-Mercosur sur l’élevage français et la souveraineté alimentaire du pays.


Des revendications claires et légitimes

Les agriculteurs réclament également des mesures concrètes sur les revenus, l’eau et l’adaptation au changement climatique, dénonçant la pression économique et réglementaire qui pèse sur leurs exploitations.


Le gouvernement tente de calmer le jeu

La porte-parole du gouvernement, Maud Brégeon, a souligné que « le dialogue et les échanges continuent », tandis que la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, reconnaît la légitimité de la colère des agriculteurs. Elle avait annoncé une enveloppe de 300 millions d’euros pour soutenir les céréaliers, viticulteurs et éleveurs, somme conditionnée à l’adoption du budget 2026.

Cependant, ces mesures n’ont pas suffi à apaiser la mobilisation, qui se renforce à quelques jours de la signature de l’accord UE-Mercosur. Les actions s’étendent aux ports français du Havre, Bayonne et La Rochelle, où des filtrages et contrôles sont effectués pour vérifier la provenance des produits importés.


Une mobilisation qui interpelle l’Europe

Ce mouvement met en lumière les tensions entre les politiques commerciales européennes et la défense de la production agricole nationale. La France, opposée à l’accord UE-Mercosur avec l’Autriche, la Hongrie, la Pologne et l’Irlande, tente de concilier intérêts économiques, souveraineté alimentaire et engagement européen dans une période de forte pression sur les marchés agricoles.

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