Le Maroc engage une révision d’ampleur pour améliorer l’accès aux traitements coûteux

El azhar Bennouna Sanaa23 janvier 2026Dernière mise à jour :
Le Maroc engage une révision d’ampleur pour améliorer l’accès aux traitements coûteux

Le Maroc engage une révision d’ampleur pour améliorer l’accès aux traitements coûteux

Le début de l’année 2026 marque un tournant important dans la politique du médicament au Maroc. Le ministère de la Santé et de la Protection sociale a procédé à une révision significative des prix de vente au public de nombreux médicaments, avec un impact particulièrement notable sur les traitements du cancer, du diabète et des maladies chroniques.

Publiées au Bulletin officiel, ces décisions traduisent une volonté claire des pouvoirs publics de réduire le poids financier des soins, dans un contexte de pression sur le pouvoir d’achat et de montée en charge de la couverture médicale.


Une réforme encadrée par la réglementation et les instances compétentes

Les nouveaux tarifs ont été fixés conformément au cadre réglementaire en vigueur, après avis de la commission interministérielle des prix, sur proposition de l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé.
L’objectif affiché est double : garantir la soutenabilité du système de santé tout en améliorant l’accès des patients aux traitements innovants et essentiels.

Dans leur grande majorité, les ajustements concernent des baisses de prix, même si quelques hausses limitées ont également été enregistrées.


Les traitements lourds en première ligne des baisses

Les réductions les plus importantes ciblent des médicaments utilisés en :

  • oncologie (cancers),

  • diabétologie,

  • maladies inflammatoires et auto-immunes,

  • pathologies respiratoires et ophtalmologiques.

Il s’agit souvent de traitements de longue durée, coûteux et indispensables, dont le prix constituait jusqu’ici un frein pour de nombreux patients, malgré les dispositifs de prise en charge existants.

Pour les personnes atteintes de maladies chroniques, ces baisses peuvent réduire sensiblement le reste à charge, avec un impact direct sur l’observance thérapeutique et la qualité de vie.


Des baisses spectaculaires sur certains médicaments emblématiques

Parmi les ajustements les plus marquants figurent des médicaments largement prescrits et réputés pour leur coût élevé. Certains traitements contre les cancers, les leucémies chroniques, le diabète de type 2 ou encore l’asthme sévère enregistrent des réductions de plusieurs milliers de dirhams par boîte.

Ces diminutions, parfois supérieures à 40 %, constituent un signal fort en faveur d’un accès plus équitable aux soins, notamment pour les patients suivis en ambulatoire.


Une réforme fiscale complémentaire dès 2026

Cette dynamique s’inscrit dans un mouvement plus large. Dans le cadre du projet de loi de finances 2026, le gouvernement prépare une réforme inédite de la fiscalité du médicament.
Une réduction pouvant atteindre 91 % des droits de douane est prévue pour 112 produits pharmaceutiques, selon les annonces du ministère délégué chargé du Budget.

Cette mesure vise à :

  • faire baisser durablement les prix,

  • renforcer la souveraineté sanitaire du Royaume,

  • assurer la viabilité des régimes de couverture médicale.


Quelques hausses, mais à portée limitée

Le Bulletin officiel fait également état de rares augmentations de prix, notamment pour certains vaccins ou médicaments cardiovasculaires. Ces ajustements restent toutefois marginaux et ne remettent pas en cause la tendance générale à la baisse observée sur les traitements les plus onéreux.


Prix public et prix hôpital : une distinction stratégique

Les décisions officielles opèrent une distinction claire entre :

  • le prix public de vente en pharmacie,

  • et le prix hôpital, appliqué aux établissements de santé.

Pour les médicaments coûteux, notamment en oncologie et dans les maladies chroniques, les prix hôpitaux sont nettement inférieurs, permettant de contenir les dépenses publiques et de faciliter l’accès aux soins spécialisés dans le secteur public.


Vers un meilleur équilibre entre coût, accès et qualité des soins

À travers ces ajustements, le Maroc confirme sa volonté de réconcilier innovation thérapeutique et justice sociale, en plaçant le patient au cœur de la réforme du médicament.
Si les effets devront être évalués dans la durée, cette révision constitue d’ores et déjà une avancée tangible pour des milliers de patients et leurs familles.

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