Une dynamique positive, mais encore marquée par de fortes disparités
Le marché du travail marocain a connu une évolution globalement positive entre 2024 et 2025. Selon les dernières données publiées par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), l’économie nationale a généré près de 193.000 nouveaux emplois sur cette période. Une progression encourageante, qui traduit un certain regain d’activité, tout en mettant en lumière des déséquilibres persistants, notamment entre zones urbaines et rurales, et entre hommes et femmes.
Une création d’emplois largement concentrée en milieu urbain
Dans le détail, cette amélioration repose presque exclusivement sur la dynamique des villes. Le milieu urbain a enregistré une création nette de plus de 200.000 emplois, tandis que les campagnes ont, à l’inverse, connu une légère contraction de l’emploi. Ce contraste souligne une mutation structurelle du marché du travail, où les opportunités continuent de se concentrer autour des pôles urbains, au détriment des territoires ruraux plus fragiles.
Des emplois de meilleure qualité, mais encore insuffisants
L’un des signaux positifs relevés par le HCP concerne la nature des emplois créés. La hausse est principalement portée par l’emploi rémunéré, qui a progressé de manière significative, alors que l’emploi non rémunéré a reculé. Cette évolution suggère une amélioration relative de la qualité de l’emploi, même si celle-ci reste encore inégale selon les secteurs et les régions.
Taux d’activité : une stabilité qui interroge
Malgré cette création nette d’emplois, le taux d’activité national est resté quasiment inchangé. Cette stabilité traduit une participation au marché du travail qui peine à s’élargir, notamment dans le monde rural où le taux d’activité a légèrement reculé. En milieu urbain, une progression modérée est observée, signe d’un marché plus attractif mais encore incapable d’absorber pleinement l’ensemble de la population en âge de travailler.
Par ailleurs, l’écart entre les sexes demeure frappant. Le taux d’activité des hommes reste très élevé comparé à celui des femmes, dont la participation au marché du travail demeure structurellement faible, sans amélioration notable sur la période.
Un léger progrès du taux d’emploi, aux bénéfices inégalement répartis
Au niveau national, le taux d’emploi a enregistré une progression marginale. Là encore, cette moyenne cache des réalités contrastées. Les villes bénéficient d’une amélioration plus visible, tandis que les zones rurales continuent de perdre du terrain. Cette fracture territoriale pose la question de l’équilibre du développement économique et de l’inclusion des territoires les plus vulnérables.
Les inégalités de genre restent un défi majeur
Les données du HCP confirment également la persistance des inégalités entre hommes et femmes. Si l’emploi masculin progresse, l’emploi féminin, lui, recule légèrement. Un constat qui rappelle que la question de l’insertion professionnelle des femmes demeure un enjeu central, tant sur le plan économique que social.
Entre signaux encourageants et défis structurels
La création de 193.000 emplois en une année constitue un signal positif pour l’économie marocaine. Elle témoigne d’une certaine capacité de résilience et d’adaptation. Toutefois, les déséquilibres observés – territoriaux, sectoriels et sociaux – rappellent que la dynamique de l’emploi reste fragile et incomplète.
Pour les jeunes générations, ces chiffres appellent à la fois à l’espoir et à la réflexion : celle d’un marché du travail en mutation, qui nécessite des politiques publiques inclusives, capables de créer des opportunités durables, équitables et accessibles à tous.




