Quand le savoir-faire ancestral devient un moteur d’investissement et d’exportation
Rabat – 10 février 2026.
La capitale accueille la 9ᵉ édition du Forum international de l’artisanat, un rendez-vous stratégique placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui confirme la place centrale de l’artisanat dans le modèle de développement économique et social du Royaume.
Organisé par le Secrétariat d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, en coordination avec la Maison de l’Artisan, ce forum se tient sous le thème :
« L’artisanat : vers une nouvelle dynamique d’investissement et d’exportation à forte valeur ajoutée ».
L’artisanat marocain entre héritage et avenir
Plus qu’une simple vitrine du patrimoine, le forum met en lumière un secteur en pleine transformation. L’artisanat marocain, riche d’un savoir-faire transmis de génération en génération, s’affirme désormais comme un levier économique structurant, capable de créer de la valeur, de l’emploi et du rayonnement international.
La cérémonie d’ouverture, marquée par la présence notamment du Conseiller de Sa Majesté le Roi, André Azoulay, et de plusieurs ambassadeurs accrédités à Rabat, a souligné l’importance de la diplomatie économique et culturelle dans la promotion du produit artisanal marocain.
Un secteur clé de l’économie nationale
Dans son intervention, le secrétaire d’État Lahcen Saadi a dressé un panorama chiffré révélateur de la vitalité du secteur. L’artisanat emploie aujourd’hui près de 22 % de la main-d’œuvre nationale, contribue à 7 % du PIB et génère 10 % des recettes touristiques en devises, grâce notamment à l’achat de produits artisanaux.
Autre donnée marquante : les femmes représentent plus de la moitié des actifs du secteur (54 %), confirmant le rôle social majeur de l’artisanat dans l’autonomisation économique et l’inclusion.
Exportations : une dynamique record et des marchés en expansion
L’artisanat marocain connaît également une progression remarquable à l’export. Les exportations affichent une croissance soutenue, portée par l’ouverture sur de nouveaux marchés. Les États-Unis s’imposent comme premier débouché, suivis par la France et la Turquie.
La ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, Fatima-Zahra Ammor, a ainsi salué des résultats « exceptionnels et inédits » en 2025, avec des exportations directes atteignant environ 1,2 milliard de dirhams, en hausse significative par rapport à l’année précédente.
Investir dans l’artisanat, investir dans l’impact
De son côté, le ministre délégué chargé de l’Investissement, Karim Zidane, a mis en avant les opportunités qu’offre aujourd’hui le secteur, désormais éligible aux dispositifs de soutien destinés aux très petites, petites et moyennes entreprises dans l’ensemble des régions du Royaume.
Modernisation des unités de production, innovation, intégration dans les chaînes de valeur de l’économie créative, du tourisme et de la culture : l’artisanat apparaît comme un secteur à fort potentiel, conciliant rentabilité économique et impact social durable.
Une nouvelle vision : de la préservation à la compétitivité
Le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, a souligné le changement de paradigme que connaît le secteur : passer d’une logique de préservation identitaire à une stratégie de positionnement économique international, capable de répondre aux exigences des marchés à forte valeur ajoutée.
Un défi qui implique également une meilleure répartition territoriale des exportations et un investissement accru dans la formation des jeunes, afin de garantir la transmission du patrimoine artisanal tout en l’adaptant aux standards contemporains.
Un forum tourné vers l’action
Réunissant plus de 500 participants, artisans, coopératives, entreprises et experts marocains et étrangers, le forum prévoit conférences ministérielles, échanges d’expertise, ainsi que la signature de conventions et de partenariats destinés à structurer durablement l’écosystème de l’artisanat.
À Rabat, l’artisanat marocain ne se raconte plus seulement comme une mémoire vivante, mais comme un avenir à construire, porté par l’investissement, l’innovation et la confiance dans le talent des femmes et des hommes qui le font vivre.




