Commerce mondial : le Maroc parmi les économies les plus dynamiques en 2025

El azhar Bennouna Sanaa16 février 2026Dernière mise à jour :
Commerce mondial : le Maroc parmi les économies les plus dynamiques en 2025

Une croissance des importations qui place le Royaume au 6ᵉ rang mondial

Dans un contexte international marqué par un ralentissement des échanges au troisième trimestre 2025, le Maroc se distingue par une performance notable. Selon les dernières données de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le Royaume affiche la sixième plus forte croissance mondiale des importations de marchandises, avec une hausse de 16% à fin novembre.

Seules cinq économies devancent le Maroc : la Suisse (+36%), l’Argentine (+27%), le Taipei chinois (+23%), le Viet Nam (+19%) et Hong Kong, Chine (+17%). Le Royaume dépasse ainsi plusieurs grandes puissances commerciales telles que l’Union européenne (+6% pour le commerce extra-UE), les États-Unis (+6%) ou encore le Brésil (+6%), tandis que certaines économies comme la Chine enregistrent un recul (-1%).

Cette progression soutenue des importations traduit, selon l’OMC, soit une accélération des investissements, soit une dépendance accrue aux produits intermédiaires nécessaires à l’activité industrielle.


Un signal d’investissement… mais aussi de dépendance productive

L’augmentation des importations peut être interprétée sous deux angles. D’un côté, elle reflète une dynamique d’investissement : importation d’équipements, de machines, de composants destinés à alimenter l’outil productif national. Cela témoigne d’un tissu industriel en mouvement.

De l’autre, elle met en lumière une dépendance persistante aux intrants importés, notamment dans les secteurs manufacturiers et technologiques. Cette réalité rappelle l’importance stratégique de renforcer l’intégration locale et la montée en gamme industrielle afin de réduire la vulnérabilité aux chocs extérieurs.


Des exportations en progression au-dessus de la moyenne des grandes économies

Sur le volet des exportations, le Maroc affiche également une performance solide, avec une croissance de 8% sur la période janvier-novembre 2025.

Cette progression dépasse celle de plusieurs grandes économies, notamment les États-Unis (+6%), la Chine (+5%), le Japon (+5%), l’Espagne (+4%) et l’Union européenne (+6% pour le commerce extra-UE).

Si le Royaume reste derrière des pays particulièrement dynamiques comme la Suisse (+24%), l’Égypte (+23%) ou encore le Costa Rica, la Slovénie et l’Irlande (+22%), il se positionne néanmoins comme un acteur commercial résilient dans un environnement mondial incertain.


L’Afrique parmi les régions les plus dynamiques

La performance marocaine s’inscrit dans une tendance continentale encourageante. L’Afrique enregistre une croissance des importations de 12,7% sur les neuf premiers mois de 2025, l’un des rythmes les plus élevés au monde, devant le Moyen-Orient (6,2%), l’Asie (6%), l’Amérique du Nord (5,4%) et l’Europe (2,4%).

Du côté des exportations, le continent progresse de 6,1%, se plaçant juste derrière l’Asie (+9,5%). Le Maroc dépasse ainsi la moyenne africaine, aussi bien en matière d’importations que d’exportations.

À l’échelle mondiale, le volume du commerce des marchandises a augmenté de 4,5% sur les neuf premiers mois de 2025, dépassant les prévisions initiales de 2,5%, tandis que la valeur des échanges a progressé de 6,5%.


Intelligence artificielle et recomposition des flux mondiaux

Un facteur majeur explique cette évolution : la montée en puissance des produits liés à l’intelligence artificielle. Les échanges de puces, semi-conducteurs et équipements de transmission de données ont bondi de près de 20% en glissement annuel. Ces produits représentent désormais environ 15% du commerce mondial des marchandises et ont contribué à 42% de la croissance totale en valeur.

Les produits non liés à l’IA ont également progressé (+4,4%), soutenus par la flambée des prix de l’or et le dynamisme des produits pharmaceutiques.

Dans ce contexte, la capacité du Maroc à s’insérer dans les chaînes de valeur technologiques constitue un enjeu stratégique pour les années à venir.


La congestion du port de Casablanca : un défi logistique majeur

Cette dynamique commerciale intervient toutefois dans un environnement logistique sous tension. Le port de Casablanca, qui traite près de 100.000 EVP par mois, fait face à une congestion croissante.

Les surcharges imposées par les compagnies maritimes atteignent 150 dollars par conteneur. Les navires immobilisés engendrent des coûts estimés à 10.000 dollars par jour, et la facture globale pour l’économie marocaine est évaluée à près de 7 millions de dollars sur quatorze jours.

Au-delà des chiffres, cette situation rappelle que la compétitivité commerciale repose autant sur la performance productive que sur l’efficacité logistique. La fluidité des ports devient un levier stratégique pour préserver la dynamique actuelle.


Une trajectoire encourageante, des équilibres à consolider

La position du Maroc parmi les économies les plus dynamiques en matière d’importations et la progression soutenue de ses exportations témoignent d’une économie en mouvement, intégrée aux flux mondiaux.

Mais cette performance appelle aussi à la vigilance : consolider l’intégration industrielle locale, réduire la dépendance aux intrants importés, investir dans les secteurs technologiques à forte valeur ajoutée et moderniser les infrastructures logistiques.

À travers ces défis se dessine une ambition plus large : transformer la croissance commerciale en levier durable de développement, d’emploi et de souveraineté économique.

Laisser un avis

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Termes des commentaires :

Derniers articles