Un impact direct et significatif
La récente flambée des prix du pétrole, liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, met le Maroc face à une pression économique importante. Selon les estimations de Saham Research, chaque augmentation de 10 dollars du baril au-delà des prévisions budgétaires représente un surcoût d’environ 15 milliards de dirhams pour l’économie nationale.
Un chiffre qui illustre la forte dépendance énergétique du Royaume, qui importe près de 90 % de ses besoins, le rendant particulièrement vulnérable aux fluctuations des marchés internationaux.
Une crise énergétique aux répercussions mondiales
Les perturbations observées au niveau du détroit d’Ormuz, axe stratégique du commerce énergétique mondial, ont fortement impacté l’offre. Le ralentissement du trafic maritime, combiné à l’arrêt de certaines productions de gaz naturel liquéfié, a contribué à une hausse rapide des prix.
Le baril de Brent a ainsi dépassé les 100 dollars, soit une augmentation significative par rapport aux hypothèses retenues dans la Loi de Finances 2026. Parallèlement, les prix du gaz ont connu une envolée notable sur les marchés internationaux.
Un scénario intermédiaire préoccupant
Dans ce contexte, le Maroc pourrait évoluer vers un scénario de crise prolongée, estimé entre 6 et 12 mois, avec un baril oscillant entre 90 et 110 dollars. Une situation qui constituerait le troisième choc externe majeur en quelques années, après la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine.
Les conséquences budgétaires seraient immédiates. Le coût du gaz butane, par exemple, pourrait générer un surcoût de plusieurs milliards de dirhams pour les finances publiques, tandis que certaines importations alimentaires stratégiques, comme le blé ou le sucre, pourraient également subir des hausses.
Une pression accrue sur les équilibres économiques
Au-delà du budget de l’État, c’est l’ensemble des équilibres macroéconomiques qui pourrait être affecté. La facture énergétique du pays pourrait s’alourdir de manière significative, pesant sur la balance des paiements et creusant le déficit commercial.
Dans un tel scénario, plusieurs ajustements sont à prévoir :
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une hausse de l’inflation liée au renchérissement des importations,
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un possible relèvement des taux d’intérêt par Bank Al-Maghrib,
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une pression sur le dirham face au dollar,
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et une correction des marchés financiers.
Ces évolutions pourraient impacter directement le pouvoir d’achat des ménages ainsi que le rythme de croissance économique.
Des risques variables selon l’évolution de la crise
Trois scénarios principaux se dessinent. Dans le cas d’une résolution rapide, les effets resteraient limités et temporaires. À l’inverse, un enlisement prolongé pourrait entraîner un choc plus profond, avec une inflation élevée, un ralentissement de la croissance et une détérioration des finances publiques.
Entre ces deux extrêmes, le scénario intermédiaire reste le plus probable à ce stade, impliquant une adaptation progressive de l’économie marocaine à un environnement énergétique plus coûteux.
Des leviers pour amortir le choc
Malgré ces défis, le Maroc dispose de marges de manœuvre pour atténuer l’impact. L’accès à des financements internationaux, notamment via le Fonds monétaire international, ainsi que la possibilité de recourir aux marchés financiers, offrent des solutions pour soutenir les équilibres économiques.
Par ailleurs, cette situation pourrait accélérer la transition énergétique du pays, en renforçant les investissements dans les énergies renouvelables et en réduisant progressivement la dépendance aux importations.
Une équation économique à surveiller
La hausse des prix du pétrole agit comme un révélateur des fragilités structurelles liées à la dépendance énergétique. Elle souligne aussi l’importance des choix stratégiques à long terme pour sécuriser l’approvisionnement et stabiliser l’économie.
Dans un environnement international incertain, la capacité d’anticipation et d’adaptation du Maroc sera déterminante pour limiter les impacts et préserver ses équilibres.




