Finances publiques : le Maroc consolide son excédent budgétaire au premier trimestre 2026

El azhar Bennouna Sanaa14 avril 2026Dernière mise à jour :
Finances publiques : le Maroc consolide son excédent budgétaire au premier trimestre 2026

Une performance en amélioration portée par la dynamique des recettes

À fin mars 2026, le Maroc affiche un excédent budgétaire de 6,5 milliards de dirhams, en progression par rapport à l’année précédente. Ce résultat, publié par la Trésorerie Générale du Royaume, traduit une gestion budgétaire globalement maîtrisée dans un contexte économique en mutation.

Derrière cette évolution, une réalité se dessine : la consolidation progressive des finances publiques repose sur une combinaison de recettes en hausse et de dépenses relativement contenues.


Des recettes fiscales en nette progression

Les recettes ordinaires brutes ont connu une croissance soutenue, dépassant les 123 milliards de dirhams. Cette hausse est principalement tirée par les performances fiscales :

  • Les impôts directs progressent de manière significative,
  • Les impôts indirects suivent une tendance similaire,
  • Les droits d’enregistrement et de timbre affichent également une évolution positive.

Cette dynamique reflète à la fois une amélioration de l’activité économique et un rendement fiscal plus efficace. Toutefois, certains indicateurs nuancent ce tableau, notamment le recul des droits de douane et la légère baisse des recettes non fiscales.


Des dépenses en hausse mais sous contrôle

Du côté des dépenses, l’augmentation reste mesurée, avec une progression globale inférieure à celle des recettes ordinaires. Les charges de fonctionnement évoluent modérément, tandis que les investissements publics continuent de croître, signe d’un effort maintenu en faveur du développement.

En parallèle, les charges liées à la dette enregistrent une hausse plus marquée, illustrant le poids persistant du financement public dans l’équilibre budgétaire.

Malgré cela, le solde ordinaire s’améliore nettement, atteignant plus de 15 milliards de dirhams, ce qui témoigne d’un certain équilibre entre ressources et engagements.


Le rôle clé des comptes spéciaux et des services autonomes

L’excédent global s’explique en grande partie par la contribution des comptes spéciaux du Trésor et des services de l’État gérés de manière autonome. Ensemble, ils dégagent un solde excédentaire important, renforçant la position budgétaire globale.

Ces mécanismes jouent un rôle d’amortisseur, permettant de soutenir l’équilibre des finances publiques tout en finançant des programmes spécifiques.


Une trajectoire encourageante, mais des défis persistants

Si les indicateurs actuels sont positifs, ils invitent aussi à la prudence. La hausse des charges d’intérêts et la baisse de certaines recettes rappellent que l’équilibre reste fragile et dépendant de plusieurs facteurs, notamment la conjoncture économique internationale.

Dans ce contexte, la poursuite des réformes, l’optimisation des ressources et la maîtrise des dépenses apparaissent comme des leviers essentiels pour maintenir cette dynamique.


Un signal de stabilité pour l’économie

Au-delà des chiffres, cet excédent budgétaire envoie un message rassurant aux acteurs économiques. Il traduit une capacité de l’État à gérer ses finances avec rigueur tout en poursuivant ses priorités d’investissement.

Une évolution qui pourrait renforcer la confiance des investisseurs et soutenir la croissance dans les mois à venir.

Laisser un avis

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Termes des commentaires :

Derniers articles