Carburants : une hausse internationale partiellement répercutée sur les prix au Maroc, selon le Conseil de la concurrence

El azhar Bennouna Sanaa15 avril 2026Dernière mise à jour :
Carburants : une hausse internationale partiellement répercutée sur les prix au Maroc, selon le Conseil de la concurrence

Une dynamique mondiale qui pèse sur le marché national

Dans un contexte de hausse persistante des cours internationaux, le marché marocain des carburants continue de subir les effets des fluctuations mondiales. Le Conseil de la concurrence souligne toutefois que cette transmission des prix n’est ni uniforme ni totalement transparente selon les produits.

Entre le 16 mars et le 1er avril 2026, les cotations des produits pétroliers raffinés ont poursuivi leur progression sur le marché de référence ARA (Amsterdam–Rotterdam–Anvers), influençant directement les conditions d’approvisionnement au Maroc.


Gasoil et essence : deux logiques de répercussion différentes

L’analyse du Conseil met en évidence une évolution contrastée entre le gasoil et l’essence.

Pour le gasoil :

  • hausse internationale : +2,18 DH/L
  • hausse à la pompe : +1,72 DH/L
  • taux de répercussion : environ 79 %

Ce décalage traduit une sous-répercussion partielle des hausses internationales sur le prix final payé par les consommateurs.

Pour l’essence, la tendance est inverse :

  • hausse internationale : +1,37 DH/L
  • hausse à la pompe : +1,53 DH/L

Cette situation montre une transmission légèrement supérieure à la variation mondiale.


Un mécanisme de compensation entre les produits

Selon l’analyse de l’institution, cette différence s’explique par une logique économique interne au marché. Les opérateurs auraient tendance à compenser les marges du gasoil — produit dominant en volume — en ajustant davantage les prix de l’essence.

En effet, le gasoil représente la majorité des ventes, tandis que l’essence ne constitue qu’environ 13 % du chiffre d’affaires du secteur.


Une structure de marché encore marquée par des pratiques héritées

Le rapport note également une certaine synchronisation des révisions de prix, généralement effectuées aux mêmes dates par les opérateurs (1er et 16 de chaque mois). Cette pratique serait héritée de l’ancien système de régulation.

Même si aucune pratique anticoncurrentielle n’a été relevée, cette homogénéité des ajustements est jugée susceptible de limiter la flexibilité du marché.


Un appel à plus de transparence et d’adaptation

Le Conseil de la concurrence estime nécessaire une évolution des pratiques afin de mieux refléter la réalité des coûts et des conditions d’approvisionnement de chaque opérateur.

L’objectif est de permettre une transmission plus fluide des variations internationales et de renforcer la concurrence, au bénéfice du consommateur.


Un marché sous surveillance dans un contexte volatil

Dans un environnement mondial marqué par des fluctuations continues des prix de l’énergie, la question de la formation des prix des carburants reste un enjeu central pour le pouvoir d’achat et la transparence économique au Maroc.

Le suivi régulier de ces évolutions par les institutions vise à assurer un meilleur équilibre entre stabilité du marché et protection du consommateur.

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