Une étude inédite pour mieux cartographier les risques sanitaires
Le Maroc s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa stratégie de santé publique avec le lancement de la première enquête nationale de prévalence du VIH et de l’hépatite B chez les femmes enceintes.
Cette initiative, portée par le ministère de la Santé et de la Protection sociale, sera réalisée avec l’appui de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et du bureau de l’ONUSIDA, et financée dans le cadre du Fonds mondial.
L’objectif est clair : disposer de données actualisées et fiables afin d’orienter les politiques de prévention et de prise en charge.
Une enquête nationale au cœur des consultations prénatales
L’étude concernera les femmes enceintes fréquentant les consultations prénatales, aussi bien dans le secteur public que privé.
Elle se déroulera entre mai et novembre 2026 et permettra d’évaluer plus précisément la situation épidémiologique du VIH et de l’hépatite B dans cette population spécifique.
Actuellement, les données disponibles restent partielles, notamment pour l’hépatite B chez les femmes enceintes, ce qui limite la précision des stratégies de santé publique.
Des indicateurs globalement faibles mais à surveiller
Selon les données les plus récentes, la prévalence du VIH en population générale au Maroc est estimée à 0,09 % en 2025.
Chez les femmes enceintes en consultation prénatale, le taux de positivité du VIH atteint 0,1 % en 2025.
Concernant l’hépatite B, les dernières estimations nationales remontent à 2019 et faisaient état d’une prévalence de 0,7 %, sans données spécifiques actualisées pour les femmes enceintes.
Ces chiffres restent globalement faibles, mais nécessitent un suivi régulier afin d’éviter toute sous-estimation des risques.
Un enjeu majeur : éliminer la transmission mère-enfant
Au-delà du diagnostic, cette enquête s’inscrit dans une stratégie nationale plus large : l’élimination de la transmission mère-enfant du VIH, de la syphilis et de l’hépatite B.
Cet objectif est désormais considéré comme une priorité nationale de santé publique.
Il repose sur un principe central : garantir un accès universel à des soins de qualité pour les femmes enceintes, afin de réduire les risques de transmission aux nouveau-nés.
Une stratégie nationale structurée jusqu’en 2030
Le Maroc s’appuie sur le Plan stratégique national intégré de lutte contre le sida, les infections sexuellement transmissibles et les hépatites virales 2024-2030.
Ce plan vise notamment à atteindre l’élimination de la transmission mère-enfant d’ici 2030, en renforçant les dispositifs de dépistage, de prévention et de traitement.
Une feuille de route actualisée en 2025 permet d’identifier les priorités d’action et d’accélérer la mise en œuvre des objectifs fixés.
Une approche intégrée du dépistage et de la prise en charge
Le dispositif national évolue vers une approche plus intégrée, combinant le dépistage et la prise en charge du VIH, de l’hépatite B et de l’hépatite C.
Cette coordination vise à améliorer l’efficacité des programmes de santé publique et à optimiser le suivi des patientes.
L’enjeu est aussi organisationnel : mieux connecter les services de santé reproductive avec les programmes de lutte contre les infections virales.
La donnée comme outil central de décision
Le lancement de cette enquête reflète une évolution importante dans la gouvernance sanitaire : la place centrale accordée aux données scientifiques.
Sans indicateurs précis et actualisés, les politiques publiques risquent de perdre en efficacité.
Cette étude doit donc permettre de mieux cibler les interventions, d’adapter les ressources et d’améliorer la prévention à l’échelle nationale.
Une démarche de santé publique tournée vers l’avenir
En renforçant la surveillance épidémiologique et en améliorant la connaissance des risques, le Maroc consolide sa stratégie de santé maternelle et infantile.
L’objectif dépasse la seule mesure statistique : il s’agit de protéger les générations futures en réduisant les transmissions évitables dès la grossesse.
Dans cette perspective, la coopération internationale et l’approche intégrée apparaissent comme des leviers essentiels pour atteindre les objectifs fixés à l’horizon 2030.




