Une distinction collective inédite au cœur d’un prix international
À Tanger, le « Prix international de poésie Al Arkanah » a pris cette année une dimension particulière. Pour la première fois dans l’histoire de cette distinction, le jury a choisi de consacrer non pas un seul lauréat, mais une expression poétique collective portée par quatre voix palestiniennes majeures : Ghassan Zaqtan, Youssef Abdel Aziz, Taher Riyad et Zouheir Abou Shaib.
Ce choix marque une évolution symbolique forte, mettant en avant non seulement des individualités, mais une sensibilité littéraire partagée, profondément ancrée dans l’expérience palestinienne contemporaine.
Tanger, espace de rencontre entre poésie et engagement culturel
La cérémonie organisée au « Maison de la Presse » de Tanger a réuni écrivains, artistes et responsables culturels autour d’une même conviction : la poésie peut devenir un pont entre les peuples et les mémoires.
Sous le thème évocateur « La poésie palestinienne à Tanger… un territoire qui se rétrécit, une poésie qui s’élargit », l’événement a donné lieu à des lectures poétiques, des échanges et des moments artistiques qui ont dépassé le cadre strictement littéraire.
Une exposition artistique intitulée « La poésie en couleurs de Jérusalem » a également accompagné cette rencontre, mêlant textes et œuvres plastiques réalisées par des artistes marocains et palestiniens, illustrant la rencontre entre deux imaginaires créatifs.
Une reconnaissance qui dépasse le champ littéraire
Les responsables culturels présents ont souligné la portée symbolique de cette initiative. Pour le directeur de la Maison de la Presse, cet événement traduit un attachement profond du public marocain à la cause palestinienne, exprimé ici à travers la création artistique plutôt que par le discours politique.
Du côté des institutions culturelles, cette distinction est perçue comme un prolongement naturel des liens historiques et humains entre le Maroc et la Palestine, où la culture joue un rôle central dans la continuité du dialogue.
La poésie comme langage universel de l’émotion et de la mémoire
Pour les responsables du Prix Al Arkanah, cette édition confirme que la poésie palestinienne occupe une place singulière dans la scène littéraire arabe et internationale. Son expression, marquée par l’exil, la mémoire et l’attachement à la terre, dépasse les frontières géographiques pour toucher à l’universel.
Le retour de la Palestine parmi les lauréats, après la distinction accordée en 2008 au poète Mahmoud Darwich, renforce cette continuité symbolique et artistique.
Une lecture culturelle du lien Maroc–Palestine
Au-delà de la dimension artistique, cette rencontre a mis en lumière la profondeur des relations culturelles entre les deux rives. Les institutions impliquées ont rappelé leur engagement en faveur de la diffusion de la création palestinienne et du soutien aux initiatives culturelles liées à Jérusalem.
Ce dialogue culturel s’inscrit dans une vision plus large, où la culture devient un espace de solidarité, de transmission et de construction de sens partagé.
Des voix palestiniennes entre émotion et reconnaissance
Les poètes palestiniens invités ont exprimé leur émotion face à l’accueil reçu. Pour eux, cette distinction représente bien plus qu’un prix littéraire : elle symbolise une reconnaissance humaine et artistique, et un dialogue vivant avec un public attentif et engagé.
L’un des poètes a souligné que la rencontre avec le Maroc révèle une autre manière de lire la Palestine, à travers la sensibilité et l’écoute.
Une cérémonie entre art, musique et transmission
L’événement a été enrichi par des performances musicales et la remise de trophées symboliques, renforçant la dimension festive et culturelle de cette rencontre.
Les distinctions remises par des institutions dédiées à Jérusalem ont également rappelé la continuité d’un engagement culturel inscrit dans le temps.
Quand la poésie devient espace de rencontre
Cette édition du Prix Al Arkanah confirme le rôle de la poésie comme espace de dialogue et de compréhension mutuelle. À Tanger, les mots ont circulé comme des passerelles entre histoires, territoires et sensibilités.
Dans un monde traversé par les fractures, cette rencontre rappelle que la création artistique reste un langage capable de réunir ce que la distance sépare.




