Santé : le Maroc défend à Genève une réforme ambitieuse tournée vers la souveraineté sanitaire et l’équité sociale

El azhar Bennouna Sanaa20 mai 2026Dernière mise à jour :
Santé : le Maroc défend à Genève une réforme ambitieuse tournée vers la souveraineté sanitaire et l’équité sociale

À la 79e Assemblée mondiale de la santé, le Royaume met en avant les avancées de sa couverture sanitaire et sa vision d’un système plus résilient et inclusif

Le Maroc poursuit la transformation profonde de son système de santé avec l’ambition de faire de l’accès aux soins un droit effectif pour tous. À Genève, devant les représentants des États membres de l’Organisation mondiale de la santé, le Royaume a présenté les progrès réalisés dans le cadre d’une réforme nationale de grande ampleur, portée par une vision où protection sociale, souveraineté sanitaire et modernisation institutionnelle avancent désormais de manière étroitement liée.

Dans un monde encore marqué par les séquelles des crises sanitaires récentes, la santé est devenue bien plus qu’un simple enjeu médical. Elle représente désormais un indicateur de stabilité sociale, de souveraineté nationale et de capacité des États à protéger durablement leurs populations.

C’est dans cette perspective que le Maroc a pris la parole lors de la 79e Assemblée mondiale de la santé organisée à Genève sous le thème : “Redéfinir la santé mondiale : une responsabilité partagée”.

À cette occasion, Amine Tehraoui a mis en lumière les transformations engagées par le Royaume dans le cadre du vaste chantier de réforme du système de santé conduit sous les Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Une généralisation progressive de la couverture sanitaire

L’un des principaux indicateurs mis en avant concerne l’élargissement rapide de la couverture sanitaire au Maroc. Selon les données présentées à Genève, près de 88 % de la population bénéficie désormais d’une couverture santé, une évolution qualifiée d’historique dans le cadre du processus de généralisation de la protection sociale.

Cette avancée traduit une volonté politique forte de réduire les inégalités d’accès aux soins et de renforcer la cohésion sociale dans un contexte où de nombreux pays continuent de faire face à d’importantes disparités sanitaires.

Au-delà des chiffres, cette réforme vise à transformer durablement la relation entre le citoyen et le système de santé, en construisant un modèle plus accessible, plus moderne et davantage centré sur les besoins réels de la population.

Modernisation, gouvernance et transition numérique

La réforme marocaine repose également sur une restructuration profonde de la gouvernance sanitaire. Le Royaume mise sur la création de nouvelles institutions stratégiques, le renforcement des mécanismes de pilotage et une meilleure coordination entre les différents acteurs du secteur.

Cette dynamique s’accompagne d’un effort important de modernisation des infrastructures médicales et de valorisation des ressources humaines, dans un contexte mondial marqué par une forte concurrence autour des compétences médicales et paramédicales.

Le numérique apparaît lui aussi comme un pilier central de cette transformation. Digitalisation des services, amélioration de la gestion des données médicales et modernisation administrative figurent parmi les leviers mobilisés pour rendre le système de santé plus efficace et plus réactif.

Le Maroc renforce sa souveraineté vaccinale

Parmi les annonces les plus significatives figure également la montée en puissance de la production locale de vaccins. Le Maroc affirme aujourd’hui produire des millions de doses grâce à des investissements stratégiques et à des partenariats fondés sur le transfert de technologie.

Cette orientation illustre une évolution majeure dans la manière dont les États abordent désormais les questions sanitaires. Depuis la pandémie mondiale, la souveraineté médicale est devenue un enjeu stratégique au même titre que la sécurité énergétique ou alimentaire.

Le Royaume cherche ainsi à renforcer sa capacité d’autonomie face aux futures crises sanitaires tout en développant une industrie pharmaceutique capable de répondre aux besoins nationaux et continentaux.

Une vision africaine et solidaire de la santé mondiale

Lors de son intervention, Amine Tehraoui a également insisté sur la nécessité de construire un système de santé mondial plus équitable, fondé sur le partage des ressources, l’accès aux innovations médicales et le renforcement des capacités des pays du Sud.

Le Maroc défend ainsi une approche plaçant la coopération Sud-Sud au cœur des réponses sanitaires internationales, notamment en Afrique où les défis liés aux infrastructures médicales, à l’accès aux vaccins et aux changements climatiques demeurent particulièrement importants.

Cette orientation s’inscrit dans une stratégie diplomatique plus large visant à consolider le rôle du Royaume comme acteur régional engagé dans les questions de développement humain et de résilience sanitaire.

Une réforme qui dépasse le seul secteur médical

Au-delà de l’amélioration des soins, le chantier engagé par le Maroc traduit une réflexion plus globale sur le modèle social du pays. Santé, protection sociale, développement économique et stabilité institutionnelle apparaissent désormais comme des dimensions étroitement liées.

L’augmentation du budget de la santé d’environ 30 % en une seule année illustre cette volonté d’accélération et témoigne d’un changement d’échelle dans les priorités publiques.

À Genève, le message porté par le Royaume est clair : la santé n’est plus seulement une politique sectorielle, mais un investissement stratégique dans l’avenir humain, économique et social du pays.

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