Invités au prestigieux Royal United Services Institute à Londres, responsables marocains et experts internationaux ont mis en lumière l’approche du Royaume face aux discours extrémistes. Entre prévention, éducation et travail de déradicalisation, le Maroc défend une stratégie fondée sur la connaissance, le dialogue et la résilience sociale à l’ère numérique.
Dans un contexte mondial marqué par la circulation rapide des discours radicaux sur les plateformes numériques, le Maroc continue de consolider sa place parmi les pays les plus observés en matière de prévention de l’extrémisme.
Réunis à Royal United Services Institute à Londres, diplomates, chercheurs et spécialistes des questions sécuritaires ont salué mercredi la stratégie marocaine de lutte contre les récits extrémistes, lors d’un débat consacré aux nouveaux défis de la radicalisation à l’ère digitale.
Cette rencontre, organisée conjointement par l’Ambassade du Maroc au Royaume-Uni et le centre de recherche britannique, a permis de mettre en avant une approche marocaine qui se distingue par son caractère multidimensionnel : sécuritaire, religieux, éducatif et social.
Une approche qui dépasse la seule réponse sécuritaire
Prenant la parole lors de cette rencontre, Hakim Hajoui a rappelé que la lutte contre l’extrémisme constitue aujourd’hui un axe central du partenariat stratégique entre le Maroc et le Royaume-Uni.
Dans un environnement international où les menaces traversent désormais les frontières numériques aussi rapidement que les frontières géographiques, la coopération entre États devient, selon plusieurs intervenants, une nécessité permanente.
Mais ce qui attire particulièrement l’attention des experts internationaux dans l’expérience marocaine réside dans le fait que la réponse ne repose pas uniquement sur les dispositifs sécuritaires classiques.
Le modèle marocain cherche également à agir sur les causes profondes de la radicalisation : vulnérabilités sociales, fragilité psychologique, manipulation religieuse et influence des récits extrémistes diffusés en ligne.
Cette vision globale est souvent présentée comme l’un des principaux éléments de singularité de l’approche marocaine.
La prévention par le savoir et l’esprit critique
Pour Ahmed Abbadi, la lutte contre les idéologies extrémistes passe d’abord par un travail intellectuel et éducatif de long terme.
Le responsable marocain a expliqué que la stratégie du Royaume s’appuie sur des outils scientifiques et pédagogiques destinés à renforcer les capacités critiques des jeunes face aux contenus radicaux circulant sur les réseaux numériques.
Dans un monde où les plateformes digitales accélèrent la propagation des récits simplistes et polarisants, plusieurs experts estiment que la prévention idéologique devient aussi importante que la prévention sécuritaire.
Le travail mené dans les établissements scolaires, les espaces éducatifs et les programmes de sensibilisation vise ainsi à construire une culture de discernement capable de réduire l’influence des discours extrémistes.
Cette approche s’inscrit dans une vision plus large fondée sur la promotion du vivre-ensemble, du respect des différences et de l’acceptation de l’autre.
Le programme “Mossalaha”, une expérience observée à l’international
Parmi les initiatives les plus commentées lors de cette rencontre figure le programme « Mossalaha », développé au Maroc dans le cadre de la réhabilitation de détenus condamnés dans des affaires liées à l’extrémisme et au terrorisme.
Selon Ahmed Abbadi, ce dispositif repose sur trois dimensions complémentaires : la réconciliation avec soi-même, la réconciliation avec le texte religieux et la réconciliation avec la société et ses institutions.
Le programme attire l’attention de plusieurs pays intéressés par les mécanismes marocains de déradicalisation, notamment en raison des résultats avancés concernant l’absence de récidive parmi les bénéficiaires depuis son lancement.
Dans les débats internationaux sur la sécurité, ce type d’initiative reflète une évolution importante : la lutte contre l’extrémisme ne se limite plus à neutraliser les menaces immédiates, mais cherche aussi à reconstruire les trajectoires individuelles et sociales.
Le Maroc renforce son rayonnement intellectuel et diplomatique
La tenue de ce débat au sein du prestigieux Royal United Services Institute illustre également le positionnement croissant du Maroc dans les discussions internationales liées à la stabilité, à la sécurité et à la gouvernance religieuse.
Fondé en 1831, ce centre de recherche figure parmi les think tanks les plus influents dans les domaines de la défense et des relations internationales.
Au-delà de cette rencontre londonienne, la visite d’Ahmed Abbadi au Royaume-Uni s’est poursuivie à l’Université de Cambridge ainsi qu’au Policy Exchange, confirmant l’intérêt croissant porté à l’expérience marocaine dans les milieux académiques et stratégiques internationaux.
Dans un monde confronté à des formes de radicalisation de plus en plus mouvantes et numériques, le débat ouvert à Londres met en lumière une conviction désormais largement partagée : la sécurité durable passe aussi par l’éducation, la prévention et la reconstruction du lien social.
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