Les États-Unis frappent un pétrolier en route vers l’Iran et renforcent le blocus maritime

MOHAMED YAZID BENNOUNA16 juillet 2026Dernière mise à jour :
Les États-Unis frappent un pétrolier en route vers l’Iran et renforcent le blocus maritime

Les États-Unis ont annoncé avoir frappé un pétrolier dans le golfe Persique alors qu’il se dirigeait vers Kharg Island, principal terminal d’exportation de pétrole de l’Iran, dans le cadre du rétablissement du blocus maritime contre les ports iraniens.

Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), le navire Belma aurait ignoré plusieurs avertissements des forces américaines. Un appareil militaire est alors intervenu en tirant des missiles Hellfire sur la cheminée du pétrolier afin de neutraliser le bâtiment, sans provoquer son naufrage.

Cette opération intervient au lendemain de la décision du président américain Donald Trump de rétablir le blocus des ports iraniens, en réponse aux attaques attribuées à Téhéran contre des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz et à plusieurs jours d’échanges de frappes entre les États-Unis et l’Iran.

Le précédent blocus, instauré entre le 13 avril et le 18 juin, avait conduit Washington à détourner plus de 140 navires et à neutraliser neuf bâtiments, avant d’être suspendu dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu signé en juin.

Outre le Belma, le Centcom indique avoir intercepté deux autres navires marchands qui ont finalement accepté de modifier leur trajectoire après les avertissements américains.

D’après les données de suivi maritime, le Belma, déjà sanctionné par les États-Unis sous une ancienne identité pour ses liens présumés avec l’Iran, avait franchi le détroit d’Ormuz mardi avant de s’approcher de Kharg Island. Le navire ne transportait apparemment aucune cargaison au moment de l’interception.

Par ailleurs, un autre pétrolier sous sanctions américaines, le Fuyao, a fait demi-tour au large du golfe d’Oman après avoir initialement mis le cap vers le Pakistan avec une cargaison de pétrole. Les raisons exactes de ce changement de route restent inconnues.

Entre la levée du précédent blocus et son rétablissement, l’Iran aurait exporté au moins 74 millions de barils de pétrole, représentant une valeur estimée à plus de 6 milliards de dollars, selon plusieurs sociétés spécialisées dans le suivi maritime.

Le rétablissement des sanctions et des opérations militaires américaines a fortement ralenti le trafic dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part importante du commerce mondial d’hydrocarbures. Selon les données préliminaires de la société Kpler, seulement 11 pétroliers et cargos ont franchi le détroit mercredi, un niveau très inférieur à la moyenne observée avant la reprise des tensions.

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