Bank Al-Maghrib (BAM) a présenté mardi à Casablanca la 22ᵉ édition de son rapport annuel sur la supervision bancaire, consacré à l’exercice 2025. Ce document dresse un état des lieux du secteur bancaire marocain et met en avant sa résilience, malgré un environnement international marqué par les tensions géopolitiques et les incertitudes liées aux politiques commerciales mondiales.
Lors d’une conférence de presse, le directeur de la Supervision bancaire, Nabil Badr, a indiqué que l’économie marocaine a enregistré une croissance de 4,9 % en 2025, soutenue par les investissements dans les infrastructures économiques et sociales. Dans le même temps, l’inflation est restée contenue à 0,8 % en moyenne, permettant à la Banque centrale d’abaisser son taux directeur à 2,25 % en mars 2025 avant de le maintenir inchangé jusqu’à la fin de l’année.
Le financement de l’économie a poursuivi sa progression, avec une hausse de 6,5 % des crédits bancaires et de 7,6 % des dépôts collectés auprès de la clientèle. Les créances en souffrance se sont légèrement repliées, tandis que les bénéfices cumulés des banques conventionnelles ont progressé de 22 %. Les banques participatives, quant à elles, ont poursuivi leur retour à la rentabilité.
Sur le plan prudentiel, les établissements bancaires affichent des niveaux de solvabilité confortables. Le ratio moyen de solvabilité s’est établi à 16,1 %, tandis que le ratio de fonds propres de catégorie 1 atteint 13,5 %, largement au-dessus des exigences réglementaires. La Banque centrale a toutefois renouvelé son appel à la prudence concernant la distribution des dividendes afin de préserver la solidité financière du secteur.
Le rapport met également en avant les efforts engagés pour préparer le système bancaire aux nouveaux défis. Bank Al-Maghrib a renforcé son dispositif de supervision face aux risques climatiques, à la cybersécurité et à la transformation numérique. L’institution a notamment contribué à la préparation d’une taxonomie financière verte, poursuivi le développement de l’écosystème fintech, accompagné le lancement du financement collaboratif et participé à l’élaboration du projet de loi sur les cryptoactifs ainsi qu’au développement du futur cadre de l’Open Banking.
Parallèlement, plusieurs réformes structurelles ont avancé, notamment celles relatives à la résolution des crises bancaires, au traitement des créances en souffrance et à l’amélioration de l’accès au financement des très petites entreprises, avec l’adoption d’une charte dédiée en décembre 2025. La Banque centrale a également renforcé ses actions en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et de protection des consommateurs, tout en préparant le secteur à l’évaluation internationale prévue en 2026.
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