![]()
À l’heure où l’atmosphère politique se fige dans une torpeur institutionnelle, le Parti du progrès et du socialisme hausse le ton contre la majorité mais aussi contre l’inaction d’une opposition fragmentée
Dimanche dernier, lors de la sixième session du comité central de son parti, le secrétaire général du PPS, Mohamed Nabil Benabdallah, a vivement critiqué l’échec de la motion de censure, dénoncé des pratiques électoralistes du gouvernement et mis en garde contre une instrumentalisation du Mondial 2030
Tout en admettant que la motion de censure n’aurait probablement pas renversé l’Exécutif, Benabdallah estime qu’elle aurait été une occasion de provoquer un sursaut démocratique et de mettre en lumière les multiples défaillances du gouvernement
Selon lui, le sabotage de cette initiative pour des motifs partisans ou opportunistes renvoie une image préoccupante de la maturité démocratique de certains acteurs
Sur la Coupe du monde 2030, le chef du PPS reconnaît son importance symbolique mais déplore que l’événement serve d’écran de fumée au manque de vision économique et sociale du gouvernement. Il appelle à ce que les investissements ne se limitent pas aux villes hôtes et que les dépenses soient scrutées avec rigueur par le Parlement
Sur le registre des réformes, Benabdallah s’alarme de l’inertie gouvernementale, notamment sur le dossier du Code de la famille, un chantier royal toujours sans issue législative. Il exprime sa crainte de voir les forces conservatrices freiner ce projet sous couvert de consensus
Quant à la lutte contre la corruption, il dénonce l’absence de résultats concrets malgré les discours officiels, affirmant que l’économie nationale perd chaque année près de 50 milliards de dirhams
Il accuse également le gouvernement d’orienter certaines aides économiques vers des intérêts privés sous couvert de politiques publiques : 8,6 milliards pour les transporteurs, plus de 20 milliards pour les importateurs de bétail, et 60 milliards de profits injustifiés dans les carburants
À un an des élections, il fustige enfin la multiplication de programmes à coloration électoraliste, notamment dans l’emploi, l’agriculture et l’entrepreneuriat, appelant à davantage de transparence, de neutralité et d’équité dans l’utilisation des fonds publics











