La voix de Najat Aâtabou a résonné samedi soir sur la scène du Festival international de Hammamet, offrant au public tunisien une soirée placée sous le signe de l’amour, de la femme, de la vie et de la nostalgie. Entre rythmes chaâbi, sonorités de l’Atlas et refrains connus de plusieurs générations, la chanteuse marocaine a transformé son concert en un véritable moment de partage avec le public.
Avant même son apparition sur la scène du théâtre de plein air du Centre culturel international de Hammamet, le nom de l’artiste était déjà scandé par les spectateurs : « Najat ! Najat ! Oooh ! ». Très attendu, le rendez-vous avait été largement annoncé dans les rues de Tunis, témoignant de l’intérêt suscité par la venue de l’une des figures emblématiques de la chanson populaire marocaine.
Dès son entrée en scène, l’ambiance s’est installée. Après l’interprétation de « Hahiya jat, Lalla Najat » par l’orchestre, la chanteuse s’est adressée au public avec un simple « Je vous aime beaucoup ». Une voix lui a aussitôt répondu en tunisien : « Hna zeda, nhabbouk barcha » — « Nous aussi, nous vous aimons beaucoup ». Le ton de la soirée était donné.
Une rencontre musicale entre le Maroc et la Tunisie
Accompagnée notamment par la batterie, la derbouka, le oud, le violon, le clavier et le bendir, Najat Aâtabou a enchaîné plusieurs titres emblématiques de son répertoire. « Sebbara », « Maandi Zhar », « Khliliya Chi Souvenir », « Halfa Aalih », « Aaddabtini », « Choufi ghirou » et « Hadi Kedba Bayna » ont ainsi fait chanter et danser le public.
La complicité entre la chanteuse et ses musiciens a également marqué le spectacle. Regards, sourires et gestes échangés sur scène ont accompagné les différents morceaux, donnant au concert une dimension particulièrement spontanée.
Vêtue d’une takchita blanche ornée de motifs floraux roses et bleus scintillants, rehaussée d’une mdamma assortie et de bijoux en perles, Najat Aâtabou a également mis à l’honneur l’élégance traditionnelle marocaine.
Des chansons qui traversent les frontières
Dans les rangs du public, l’émotion était palpable. Mohamed, interprète tunisien et admirateur de longue date de la chanteuse, estime que les chansons de Najat Aâtabou lui permettent de « sentir la présence majestueuse de l’Atlas et du Maroc ».
Samah, journaliste tunisienne venue une heure avant le début du spectacle pour obtenir une place au premier rang, décrit pour sa part l’artiste comme une véritable « icône ». Ses chansons, explique-t-elle, « touchent les cœurs » par leur sincérité et leur capacité à raconter des expériences profondément humaines.
Cette proximité avec le public s’explique aussi par la richesse d’un répertoire qui dépasse les frontières. Interprétant ses chansons en darija, en amazigh et en français, Najat Aâtabou revendique une identité musicale profondément enracinée dans le patrimoine marocain, tout en restant ouverte aux influences contemporaines.
Une mémoire musicale portée par plus de 500 titres
Avec une discographie riche de plus de 500 chansons, Najat Aâtabou s’est imposée au fil des décennies comme l’une des grandes voix de la chanson populaire marocaine. Son univers mêle le chaâbi, les influences amazighes et des sonorités plus modernes, permettant à son répertoire de continuer à toucher plusieurs générations.
Les organisateurs du Festival international de Hammamet la présentent comme une véritable ambassadrice du patrimoine musical marocain, soulignant que son style, son caractère et sa spontanéité ont contribué à faire d’elle une artiste incontournable.
À Hammamet, cette énergie était pleinement au rendez-vous. Entre youyous, danses de l’Atlas, refrains repris par le public et échanges spontanés avec les spectateurs, Najat Aâtabou a offert une soirée où se sont mêlées émotion, nostalgie et fête.
Plus qu’un simple concert, sa prestation a ainsi constitué une rencontre entre deux publics et deux cultures partageant une même proximité. Sur la scène de Hammamet, la mémoire musicale marocaine a une nouvelle fois démontré sa capacité à franchir les frontières et à trouver un écho dans le cœur du public tunisien.
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