Le président américain Donald Trump a menacé de bombarder Oman, allié des États-Unis, si le sultanat venait à « faire obstacle » aux efforts de Washington pour parvenir à un accord avec l’Iran sur la réouverture du détroit d’Ormuz, selon des propos rapportés par Fox News.
Les États-Unis et Oman mènent actuellement des discussions distinctes avec Téhéran afin de permettre la reprise de la navigation dans ce passage maritime stratégique, largement fermé depuis plusieurs mois dans le contexte de la guerre entre les États-Unis et l’Iran.
Le détroit d’Ormuz constitue une voie essentielle pour le commerce mondial. Environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié transportés dans le monde y transite habituellement. Sa réouverture représente ainsi un enjeu majeur pour les marchés énergétiques internationaux.
Oman au cœur des négociations
Situé à proximité immédiate du détroit d’Ormuz, Oman affirme maintenir une position neutre dans le conflit. Malgré plusieurs attaques iraniennes ayant touché son territoire, le pays joue un rôle important de médiateur entre Washington et Téhéran.
Selon Fox News, Trump aurait déclaré que les États-Unis pourraient bombarder Oman si le pays « se mettait en travers » de leurs objectifs, utilisant également des termes particulièrement virulents pour formuler cette menace.
La nature exacte de ce que Washington considérerait comme une entrave aux négociations reste toutefois inconnue.
La menace intervient alors que les autorités iraniennes affirment être proches d’un accord avec Oman concernant les conditions de navigation dans le détroit.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a indiqué qu’un accord de principe avait été trouvé concernant la carte de la route de transit. Les deux parties doivent encore finaliser les détails avant une éventuelle annonce commune.
Un accord avec l’Iran toujours incertain
Dans le même temps, l’avenir des discussions directes entre Washington et Téhéran demeure incertain. Un protocole d’accord de 60 jours conclu entre les deux pays arrive à expiration.
Interrogé lundi à la Maison-Blanche sur une éventuelle prolongation de cet accord, Donald Trump a répondu par la négative.
Le protocole, signé le 18 juin, devait notamment contribuer à instaurer un cessez-le-feu et permettre une réouverture au moins partielle du détroit d’Ormuz. Mais l’accord s’est rapidement fragilisé après la reprise des affrontements entre les deux pays.
Trump a également affirmé disposer d’un canal de communication direct avec les Gardiens de la révolution islamique (IRGC), une puissante force militaire et politique iranienne. Un porte-parole des IRGC a démenti cette affirmation, qualifiant les déclarations du président américain de mensonge.
Téhéran réclame des compensations
L’Iran conditionne par ailleurs une réouverture complète du détroit à l’obtention de compensations financières de la part des États-Unis, accusés par Téhéran d’avoir violé les engagements prévus dans le protocole d’accord.
Selon une précédente information de Reuters citant un responsable iranien, Téhéran envisagerait notamment d’imposer aux navires empruntant le détroit des frais représentant entre 5 et 7 % de la valeur de leurs cargaisons.
Malgré l’incertitude entourant les négociations, la réouverture du détroit reste l’un des principaux enjeux du conflit. Toute perturbation durable de cette voie maritime pourrait exercer une pression supplémentaire sur les marchés mondiaux de l’énergie et sur les chaînes d’approvisionnement.
Donald Trump a de son côté réaffirmé que la priorité absolue de son administration restait d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire, tout en indiquant ne pas être pressé de mettre fin au conflit.
![]()




