Un important procès visant Meta, la maison mère d’Instagram et Facebook, s’est ouvert mardi aux États-Unis. Trente États américains, dont la Californie et New York, accusent le groupe d’avoir enfreint plusieurs lois relatives à la protection de la vie privée des enfants et d’avoir contribué à des effets néfastes sur les jeunes utilisateurs.
Les États réclament potentiellement plus de 1 000 milliards de dollars de dommages et intérêts, mais demandent surtout à Meta de modifier en profondeur le fonctionnement de ses plateformes. Ils souhaitent notamment mettre fin aux compteurs de « J’aime » et au défilement infini pour les jeunes utilisateurs.
Parmi les autres mesures réclamées figurent la mise en place d’un système de vérification parentale pour les adolescents, la modification des algorithmes de recommandation, la limitation de certains filtres modifiant l’apparence, la désactivation de la lecture automatique des vidéos ainsi que l’interdiction de créer plusieurs comptes.
Les États demandent également à Meta de mettre fin à certaines publications éphémères, comme les Stories Instagram, et de limiter les notifications destinées à inciter les jeunes à revenir régulièrement sur les plateformes.
Selon les procureurs généraux à l’origine de la plainte, Meta aurait volontairement utilisé certaines fonctionnalités pour maintenir les enfants et les adolescents le plus longtemps possible sur ses applications, malgré des informations internes montrant que ces mécanismes pouvaient avoir des effets négatifs sur leur bien-être.
Le procureur général du Kentucky, Russell Coleman, accuse notamment Meta d’avoir dissimulé ce qu’elle savait des conséquences de ses produits sur les jeunes afin de préserver ses intérêts économiques.
Meta rejette fermement ces accusations. L’entreprise affirme être engagée depuis longtemps dans la protection des jeunes utilisateurs et estime que les éléments présentés au procès démontreront ses efforts dans ce domaine.
Le procès intervient alors que Meta fait déjà face à plusieurs décisions judiciaires défavorables. Récemment, un juge du Nouveau-Mexique a condamné l’entreprise à verser 942 millions de dollars et lui a ordonné d’apporter plusieurs modifications à Instagram et Facebook, notamment la suppression des compteurs de « J’aime » pour les moins de 18 ans et la limitation de certaines notifications.
Le juge avait également qualifié Meta de « nuisance publique », estimant que le fonctionnement de ses plateformes contribuait aux problèmes de santé mentale touchant les jeunes.
Les compteurs de « J’aime » constituent l’un des principaux points de controverse. Des recherches ont établi un lien entre les indicateurs d’engagement et certains phénomènes de comparaison sociale, de rejet et de dégradation de l’image corporelle chez les adolescents.
Des documents internes de Meta cités dans le dossier montrent également que l’entreprise avait étudié les effets négatifs de la comparaison sociale sur Instagram, notamment une augmentation du sentiment de solitude, une détérioration de l’image corporelle et une humeur plus négative.
Le procès pourrait donc avoir des conséquences majeures pour Meta. Les 30 États concernés représentent près des deux tiers de la population américaine. Si les plaignants obtiennent gain de cause, l’entreprise pourrait être contrainte de modifier l’expérience proposée aux jeunes utilisateurs sur Instagram et Facebook à l’échelle nationale.
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